« Croissance zéro ». Le terme entendu depuis plusieurs mois en France est aujourd’hui confirmé par l’Insee. L’institut estime bel et bien que, sur l’ensemble de l’année 2012, la richesse nationale a stagné. « Au quatrième trimestre 2012, le PIB en volume se replie de 0,3 %, après +0,1 % au troisième trimestre. En moyenne annuelle, la croissance est nulle en 2012, après +1,7 % en 2011 », indique-t-il.

De son côté, l’économie allemande s'est contractée de 0,6% au quatrième trimestre, selon les données officielles publiées jeudi, enregistrant sa plus mauvaise performance sur un trimestre depuis le point bas de la crise financière en 2009. Sur l’ensemble de l’année, la croissance de la première économie européenne a atteint +0,7% contre +3% en 2011.

La France et l’Allemagne ont-elles rejoint leurs partenaires du sud de l’Europe, englués depuis plusieurs années dans la récession ? Pour le ministre français de l’économie, Pierre Moscovici, le problème est bel et bien européen. « La situation économique n'est pas bonne, ce sont des chiffres préoccupants, des chiffres négatifs. Ca nous pose une question collective », a-t-il estimé ce matin sur France 2. La France va réviser son objectif de croissance pour 2013, +0,8%, qui semble désormais hors de portée. Elle pourrait également demander un « délai » pour atteindre l’objectif de réduction de son déficit public à 3% du PIB, a-t-il ajouté.

Berlin plus optimiste


L'Allemagne se montre plus optimiste même si la Bundesbank a révisé en forte baisse sa prévision de croissance pour l'année en cours, à +0,4% au lieu de +1,6%. « Il y a de très bonnes chances que l'économie (allemande) renoue avec la croissance au début de cette année. Les premiers indicateurs sont tous orientés à la hausse », souligne Andreas Ree, économiste chargé de l'Allemagne chez Unicredit. « La question est de savoir quelle sera la vigueur (de l'activité) au premier trimestre. Nous attendons +0,3% mais cela pourrait être plus ».

« La crise de la dette souveraine a sensiblement reflué et l'économie mondiale est repartie », souligne de son côté Jörg Krämer de la Commerzbank. « En conséquence, tous les indicateurs avancés importants pour l'Allemagne sont orientés à la hausse. J'attends une croissance économique à nouveau visible au premier trimestre ».

Un marché du travail dynamique

En France, l’Insee et la Banque de France ne prévoient qu’une croissance de +0,1% au premier trimestre. Et contrairement à l’Allemagne, les enquêtes menée auprès des entreprises en janvier ne laissent pas espérer de véritable rebond de l’activité dans les prochains mois (voir notre article : La zone euro sur la voie de la guérison, mais la France décline).

Alors que le gouvernement français prévoit une nouvelle montée du chômage au-delà des 10% et espère inverser la courbe au mieux en fin d’année, l’Allemagne, elle, devrait maintenir son taux chômage à des niveaux historiquement bas (+6,7% fin décembre). Le ministre de l'Economie Philip Rösler s’attend ainsi à ce que le marché du travail « reste stable, à des niveaux records », tandis que « les revenus continueront à augmenter » et que « l'évolution des prix restera modérée ». L'augmentation des revenus de la population et l'accélération des exportations devraient permettre au pays de  limiter son déficit public à 0,5% du PIB en 2013 et 2014, après avoir réussi à dégager un excédent de 0,1% en 2012.