Fitch a alors dégradé la note de crédit long terme en devise locale de la Chine de AA- à A+, avec une perspective stable.
Trois principales raisons auraient motivé la décision de Fitch : les faiblesses structurelles de l’économie chinoises, l’expansion du crédit facile, et la montée en puissance du circuit parallèle de financement opaque ou «shadow banking system ».
Ces trois facteurs explicatifs seraient étroitement liés. En réponse à la crise financière de 2008, la Chine s’est lancée dans un vaste plan de stimulation de son économie en accroissant le volume de crédits disponibles.

La problématique des crédits bancaires

La quantité de crédits distribués a progressé plus fortement que le PIB depuis 2009. Fin 2012, le total des crédits faits par les banques au secteur privé a atteint 135,7% du PIB. C’est ainsi le troisième plus important ratio observé au sein d’un pays émergent.
La majeure partie de ces prêts bancaires ont été faits aux gouvernements locaux et utilisés pour financier des projets d’infrastructures servant à appuyer la croissance économique de la deuxième puissance mondiale dans un environnement morose. Selon Fitch, le niveau de dette de ces gouvernements locaux serait tellement élevé que le gouvernement central sera forcé d’intervenir pour assumer certaines des retombées négatives qui en découleront.

La problématique des crédits non bancaires


Parallèlement, de plus en plus de prêts ont été consentis aux entreprises et ménages par des acteurs non bancaires. Selon l’agence la taille du «shadow banking system » a à présent atteint 60% du PIB.
Ainsi, le total des stocks de crédit à la fois octroyés par les acteurs bancaires et non bancaires s’élèverait à 196% du PIB fin 2012, contre 125% en 2008.

Bien que peu de données chiffrées soient disponibles, de nombreux analystes sont inquiets de l’importance prise par les acteurs non bancaires au détriment des acteurs bancaires. Environ 55% du nouveau financement privé (crédits bancaires, obligations d’entreprises, et prêts syndiqués) a été assuré par des institutions bancaires entre février 2012 et février 2013. Ce chiffre est en recul de 76% par rapport à 2009.
La plupart des prêts délivrés par les acteurs non bancaires concernent des clients non fortunés, donc plus vulnérables. Si la croissance de la Chine venait s’essouffler fortement, les acteurs de ce système parallèle pourraient devoir faire face à une explosion de défauts de créances sans avoir les réserves nécessaires pour absorber les éventuelles pertes subies.
Les autorités chinoises ne sont pas passivent face à ce risque grandissant. Elles ont tenté par le passé, et s’efforcent encore d’essayer de ralentir le rythme de progression du crédit dans le pays et de limiter les risques sous jacent au développement de leur système financier.
Cependant, le bas niveau de vie et la hausse des salaires limitée, incitent les citoyens chinois à continuer à recourir à la dette à bon marché pour s’en sortir.


La note de Fitch n’est pas entièrement sombre pour autant. Pour l’agence, la réorientation de la croissance chinoise vers la consommation intérieure ainsi que les réserves abondantes de devises étrangères (3 310 milliards de dollars) devraient permettre de soutenir le pays. Il faudrait cependant que le pays améliore la transparence de ses statistiques et en particulier au niveau local.