Dans le prospectus d’émission, Twitter a donné à son action une « juste valeur » de 20,62 dollars, à fin août. 620 millions d’actions devant été émises selon certaines sources proches du dossier, la valorisation de la compagnie devrait s’établir à 12,8 milliards de dollars. Cela représente 28,6 fois les revenus générés ces 12 derniers mois, d’environ 448 millions de dollars.

Présentement, Facebook se négocie 20 fois son chiffre d’affaires et Linkedln aux alentours de 21 fois.

La valorisation de Twitter apparait donc excessive de prime abord et se fonde davantage sur les perspectives de résultats futurs.
Pour autant, certains analystes n’hésitent pas à avancer une valorisation plus importante encore à l’issue des premiers jours de cotations. C’est le cas de ceux d’Ironfire Capital et Gamco Investors.

Une fourchette entre 15 et 20 milliards de dollars a été avancée. Les experts du hedge fund Ironfire Capital, n’excluent pas que cette valorisation évolue entre 40 et 60 milliards de dollars dans quelques années.

Les prévisions s’appuient sur l’aptitude de Twitter à accroitre fortement ses revenus. Etant donné sa dimension internationale-le réseau social qui compte désormais plus de 200 millions d’utilisateurs actifs tous les mois- a vu son attractivité renforcée aux yeux des publicitaires.
Environ 75% des utilisateurs actifs ont accédé à Twitter par le biais de mobiles entre juin et août. C’est un chiffre en augmentation de 66% par rapport à il ya un an. Or, plus de 65% des revenus publicitaires sont générés par ces mobiles, une proportion bien plus importante que celle de Facebook, qui ressort à 41%.

Cependant, des facteurs négatifs pourraient bien venir compromettre le franc succès attendu de cette introduction en bourse. En premier lieu, une disposition dans le document d’émission autorise le conseil d’administration à émettre des actions de préférence sans approbation des actionnaires. Une telle opération qui aurait pour effet de diluer le capital est plus que susceptible de rendre aux yeux de certains investisseurs le positionnement sur Twitter moins intéressant.
De plus, la croissance des utilisateurs actifs mensuels a eu tendance à significativement ralentir. Le taux de progression moyen est passé à 44% entre avril et juin contre 78% il y a 12 mois. Enfin, les dépenses de Twitter ont grimpé de 87% au cours des six premiers mois de l’année, en rythme annuel, du fait des coûts de recherche et de développement.