Alors que l’on pouvait s’attendre à un rebond du dollar suite au relèvement du plafond de la dette américaine, c’est l’euro qui s’apprécie depuis dix jours. La monnaie unique a atteint 1,3832 dollar jeudi, son plus haut niveau depuis deux ans. Elle cède toutefois un peu de terrain vendredi après la publication d’un indice du climat des affaires en Allemagne (Ifo) en baisse pour le mois d’octobre. Vers 15h30, l’euro s’échange à 1,3795 dollar contre 1,3823 dollar avant l’Ifo.

La monnaie unique a bénéficié ces dernières semaines d’une légère amélioration des perspectives économiques en zone euro. L’Espagne a ainsi annoncé sa sortie de récession au troisième trimestre et le FMI table sur une accélération de la reprise en France et en Allemagne d’ici la fin de l’année.

Cependant, la hausse de l’euro semble surtout alimentée par les incertitudes sur la politique monétaire américaine. « Les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis ne s'améliorent pas, ce a qui laisse à penser que la possibilité que la intervienne prochainement pour resserrer son programme de rachat d'actifs s'éloigne. En effet, de telles mesures pourraient être reportées au premier trimestre de l'année 2014 », expliquent les analystes de Saxo Banque. Ces mesures d'aides ont pour but de soutenir la reprise économique américaine mais affaiblissent le dollar, car elles en diluent la valeur. En outre, le « shutdown » aura un impact négatif sur la croissance américaine au quatrième trimestre, ce qui ne plaide pas non plus pour une hausse du dollar.

La hausse de l’euro, si elle se poursuit, risque de freiner les exportations européennes pourtant essentielles dans un contexte de demande intérieure déprimée. La plupart des entreprises du CAC 40 ont d’ailleurs déjà pâti d’effets de change négatifs au troisième trimestre, liés à la chute des devises émergentes.