Les marchés ne savent toujours pas sur quel pied danser jeudi au lendemain de la publication, très attendue, des minutes du dernier comité de politique monétaire de la Fed. Les investisseurs voulaient notamment savoir, au vu des opinions exprimées lors de cette réunion, si la politique ultra-accommodante de la Fed pouvait se prolonger encore plusieurs mois.

« Plusieurs membres ont souligné à quel point le programme de rachat d'actifs dépendait des données économiques », est-il écrit dans le compte rendu. « Certains ont fait valoir que, si les conditions économiques le justifiaient, le Comité pourrait décider de ralentir le rythme des achats lors d'une des toutes prochaines réunions ».

Dans une interview accordée hier à Bloomberg TV, le président de la Réserve fédérale de St Louis, James Bullard, s’est montré plus précis. « Un rapport de l'emploi vigoureux (pour le mois de novembre) accroîtrait la probabilité d'un début de réduction de l'assouplissement quantitatif (QE) en décembre », a-t-il affirmé, soulignant la nette amélioration du marché du travail en octobre (+200 000 emplois). Son collègue de New York, William Dudley, s’est montré plus prudent, estimant que le marché de l’emploi s’était amélioré récemment mais pas autant que le souhaiterait la Fed. « Ce que je veux voir, c'est une accélération de la dynamique générale de l'économie », a-t-il ajouté.

Les indices américains se sont retournés à la baisse mercredi suite à ces commentaires. «Le marché action a vacillé et les rendements des bons du Trésor ont bondi car (les investisseurs) semblent penser qu’il va y avoir moins de soutien» de la part de la Fed dans les mois à venir, remarque Michael Gayed de Pension Partners. La Fed semble en effet prête à agir à tout moment, alors qu’une majorité d’analystes estimaient qu’elle attendrait le mois de mars 2014.