Selon ce dernier, s’exprimant lors de rencontres organisées par le Fonds monétaire internationale, une appréciation additionnelle de la monnaie unique requerra davantage de stimulus monétaire en ce que le taux de change constitue un élément important pour la stabilité des prix.

Les propos de Mario Draghi sont notables par le fait que les banquiers centraux évitent habituellement de commenter les taux de change fixés par les marchés financiers.

La BCE n’a pas pour cible un taux de change quelconque. Cependant ces derniers mois, Mario Draghi n’a cessé de souligner à différentes occasions phares l’impact de la force de l’euro sur l’inflation, ajoutant que le taux de change était de plus en plus un facteur important dans l’appréciation de l’évolution des prix au sein de la zone euro.

La force de l’euro a une incidence sur le coût des biens importés, qui a tendance à s’amoindrir. Or l’inflation au sein de l’union monétaire est déjà très basse, à 0,5%, loin de la cible fixée par la BCE à 2%. « Pour le moment il n’y a pas de signe attestant d’un large déclin des prix à la consommation, autrement dit d’une inflation, et il n’y a pas d’indication que les ménages reportent leurs dépenses dans l’espoir d’une diminution des prix. Pour autant, nous ne devons pas nous montrer complaisants ».

Les déclarations du président de la BCE ont été soutenues par le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer et le ministre des finances français Michel Sapin.
« La montée de l’euro complique l’accélération de la croissance et le retour de l’inflation vers notre objectif de stabilité des prix. Aussi, plus l'euro est fort, et plus une politique monétaire accommodante est nécessaire » a signalé Christian Noyer ce lundi.
« La préoccupation exprimée par Mario Draghi est pleinement partagée par le gouvernement français » a indiqué de son côté Michel Sapin lors d’une conférence de presse tenue en marge des rencontres organisées par le FMI, samedi.

Depuis que les observations de Mario Draghi au sujet de la force de l’euro ont débuté, une évolution baissière n’a pas vraiment été constatée. Cependant un certain plafond semble s’être dessiné pour la parité euro dollar à 1,40.

A noter que la parité a perdu 1,5% la semaine dernière. C'est sa plus forte correction depuis septembre 2013.