Le président de la BCE, Mario Draghi, a clairement indiqué au marché la semaine dernière qu’une nouvelle action était possible le mois prochain en vue de lutter contre la faiblesse de l’inflation, située présentement à 0,7%, bien en dessous de la cible fixée par l’institution monétaire à 2%. « Le Conseil des gouverneurs est confortable avec l’idée d’agir en juin. Il y a un consensus ou une unanimité pour ne pas se résigner à laisser l’inflation faible trop longtemps » a déclaré Mario Draghi.

Le soutien de la Bundesbank est clairement un signal positif pour un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire de la BCE. Jusque la, la position de la Bundesbank était plutôt prudente à l’égard d’une attitude plus agressive de la BCE.

Cependant, l’appui de la Banque centrale d’Allemagne n’est pas sans limite. Celle-ci demeure réticente à un vaste programme d’achat de titres de dette publique et privée. Selon la Bundesbank, dès lors que les taux des obligations gouvernementaux et les taux des obligations des entreprises européennes sont déjà très bas, un tel programme ne serait pas très efficace et pourrait créer à la place des risques pour la stabilité financière.

La Bundesbank est plus ouverte à une réduction du taux directeur de refinancement de la BCE et du taux de rémunération des dépôts effectués en son sein par les banques européennes, à une extension des prêts illimités aux banques jusqu’à la mi-2016, au lancement d’une nouvelle opération de refinancement à long terme des banques à un taux fixe et à l’achat sur le marché de quelques titres de dette adossés à des actifs.

L’abaissement des taux, notamment l’établissement du taux de rémunération des dépôts, aujourd’hui proche de 0, à un territoire négatif pourrait dissuader les banques à immobiliser leur surplus de liquidité auprès de la BCE et les inciter à distribuer davantage de crédits. Cela pourrait aussi détourner les investisseurs internationaux des actifs libellés en euro et déprécier le cours de la monnaie unique par la même occasion.

L’ampleur de l’appétit de la Budesbank pour l’ensemble de ces nouvelles mesures sera grandement influencée par les nouvelles projections du bureau d’analyse de la BCE concernant les perspectives d’inflation pour 2016, censées être délivrées le 5 juin prochain.

Actuellement la BCE anticipe une inflation de 1% en 2014, de 1,3% en 2015 et de 1,5% en 2016. Fin 2016, l’inflation devrait atteindre 1,7%.