L’Argentine peut-elle éviter le défaut de paiement ? Le pays a été condamné par un tribunal new-yorkais à rembourser aux fonds spéculatifs NML et Aurelius 100% de leur dû, soit 1,33 milliard de dollars, avant le 30 juillet. Mais s’il s’exécute, le gouvernement de Cristina Kirchner s’exposera à une avalanche de revendications, la plupart des créanciers (93%) ayant accepté un allègement de la dette et de ne toucher qu'environ 30% de la mise initiale.

Le mois dernier, Buenos Aires a été empêché de rembourser une partie de ses obligations par le juge américain Thomas Griesa, ce dernier estimant qu’il fallait rembourser en priorité les deux fonds. Depuis les négociations patinent. « L'Argentine n'est pas, ne sera pas et ne peut pas être en défaut de paiement pour une raison simple : l'Argentine paie, honore ses obligations de manière régulière et responsable et il ne fait pas le moindre doute qu'il existe une stratégie délibérée d'empêcher les créanciers de l'Argentine de percevoir les remboursements déposés (dans une banque aux Etats-Unis) », a affirmé le chef du gouvernement Jorge Capitanich la semaine dernière.

Une nouvelle audience doit se tenir mardi à New York qui pourrait sceller le sort de l’Argentine : soit le pays trouve un accord avec les fonds vautours et parvient par la même occasion à débloquer les fonds destinés à ses autres créanciers, soit le jugement initial est confirmé. Il pourrait alors déclencher d'autres procédures, dont le coût pour le pays est estimé à 10 milliards de dollars. Pour y faire face le pays devrait emprunter sur les marchés, ce qu’il n’a pas fait depuis 2001.