L’euro atteint un plus bas de près de deux ans jeudi, à 1,2728 dollar, sur fond d’indicateurs divergents entre la zone euro et les Etats-Unis. Depuis fin août la devise européenne a perdu 5 centimes face au billet vert.

Le baromètre Ifo sur le moral des chefs d'entreprises allemands est ressorti mercredi en baisse pour le cinquième mois d'affilée, alors que l’indice PMI composite ne signale plus qu’une faible expansion dans la zone euro. Aux Etats-Unis, les ventes de maisons neuves ont au contraire grimpé à leur plus haut niveau depuis 2008 en août, et enregistré un bond de 18%, soit leur plus forte progression depuis 22 ans.

« La juxtaposition de l'annonce de nouveaux chiffres décevants dans la zone euro et a contrario la bonne surprise de l'indicateur immobilier aux Etats-Unis a sans surprise poussé l'euro sous le seuil des 1,28 dollar », relève la Banque nationale australienne. « La faiblesse du baromètre Ifo en Allemagne renforce les spéculations sur la nécessité d'une action plus agressive de la Banque centrale européenne (BCE) » pour soutenir la croissance, ajoute-t-elle.

La BCE vient de baisser ses taux directeurs à leur plus bas niveau historique et d’offrir aux banques européennes de nouveaux prêts à long terme afin qu’elles desserrent l’octroi de crédit. Son président Mario Draghi a en outre précisé mercredi qu’il maintiendrait ses taux au plus bas jusqu’à ce que l’inflation remonte aux alentours des 2%. Ce faisant, il a donné un signal clair aux investisseurs qui, s’ils sont à la recherche de rendements, doivent se tourner vers le dollar. Le billet vert profite en effet des anticipations de hausses de taux directeurs aux Etats-Unis où la Fed a confirmé qu’elle mettra fin le mois prochain à son programme de rachat de dettes.