L’enquête a été réalisée fin septembre et début octobre 2014 auprès de 1030 individus représentatifs des Français selon la méthode des quotas et 300 individus inscrits au salon Actionaria 2014 qui doit se dérouler les 21 et 22 novembre.

Selon cette enquête, 80% des Français seraient enclins probablement ou certainement à investir en entreprise, autrement dit 8 Français sur 10, un chiffre « estomaquant » estime Philippe Le Magueresse, directeur général adjoint d’OpinonWay. Sans surprise, la proportion monte à 100% pour les investisseurs actifs.
39% des Français et 37% des investisseurs indiquent être prêts à investir dans une entreprise qu’ils seraient amenés à créer ; 39% des Français et 49% des investisseurs actifs dans leur propre entreprise.
89% des investisseurs actifs sondés privilégieraient un positionnement sur une valeur du Cac 40 (27% pour les Français) et 70% dans une entreprise non cotée en bourse (24% pour les Français).
Il n’y aurait pas de différence quant à l’intérêt des Français et des investisseurs actifs pour un investissement dans une PME cotée, respectivement 26% et 25%.

Les freins au passage à l’action

Si le sentiment est plutôt favorable à un investissement en entreprise, la question se pose de savoir pour quelles raisons celui-ci ne se reflètent pas dans le comportement.

La confiance dans l’avenir de l’économie française eu égard à ses fondamentaux et à la politique économique menée n’est pas bonne. A la fois les Français et les investisseurs actifs se disent plutôt pessimistes concernant l’avenir de l’économie française (77% et 83%). Seulement 1% des Français se disent très optimistes. L’inquiétude est moins vive s’agissant des entreprises elles-mêmes mais elle reste palpable. Alors que 52% des investisseurs actifs ont confiance dans l’évolution des PME et 82% dans les entreprises du Cac 40, les pourcentages descendent à 37% et 54% au sein des Français.

La méconnaissance des Français est par ailleurs importante quant aux différents véhicules d’investissement possibles. « Entre 20% et 30% des Français n’ont pas su donner leur avis sur un certain nombre d’outils d’investissement : l’investissement en entreprise, le livret A, l’assurance vie, l’immobilier…Le fait de ne pas savoir se positionner exprime le fait de ne pas savoir maitriser ces outils » signale Philippe Le Magueresse.

56% des Français perçoivent l’investissement en entreprise comme trop risqué. Le pourcentage tombe à 44% s’agissant des investisseurs actifs.
Parallèlement, 91% des Français conçoivent l’investissement en entreprise comme n’étant pas rentable, ce qui justifie leur préférence à l’immobilier et à l’assurance vie. L’aspect lucratif est en revanche dans l’esprit des investisseurs actifs ce qui explique leur plus grand intérêt.

« Le manque de confiance en l’avenir, la méconnaissance des outils à disposition et l’insuffisante rentabilité supposée sont trois éléments qui alimentent la crainte des Français de perdre leur argent sachant par ailleurs que 40% d’entre eux ont un patrimoine financier de moins de 10 000 euros » commente Philippe Le Magueresse.

Les leviers à activer


Quels sont les leviers à activer pour que les Français s’intéressent davantage à l’investissement en entreprise ? interroge le directeur d’OpinionWay.

Trois aspects de l’investissement en entreprise mériteraient d’être travaillés pour tenter de convaincre les Français à mettre un pied à l’étrier : la rentabilité, le caractère sûr et la dimension utile.
Aussi bien pour les Français que pour les investisseurs actifs, la rentabilité apparait comme le premier critère à prendre en compte dans une décision d’investissement (58% des investisseurs et 35% des Français). Le coté « sûr » a toute sa place dans le choix d’allocation de l’épargne pour 25% des Français et 12% des investisseurs actifs. Il y a un besoin ressenti de se sentir proche de l’entité dans laquelle est fait l’investissement afin d’avoir une certaine prise. Le soutien à l’économie française a été avancé comme incitation à l’investissement par 25% des Français et 14% des investisseurs actifs. L’investissement effectué doit avoir un sens.

Les investisseurs actifs attachent également de l’importance à l’impératif de diversification de l’épargne et à la souplesse de l’investissement.

Une nécessaire prise en charge

«De manière à répondre au manque de connaissance et de compétence personnelle, et à l’angoisse de prendre la mauvaise décision, une prise en charge s’impose » avance Philippe Le Magueresse.
Cette méconnaissance des entreprises vaut également pour les investisseurs actifs qui se voient en outre refroidis par le manque de transparence sur l’exploitation de l’argent placé. « Les investisseurs ne se sentent pas pris en considération. Or aujourd’hui tout consommateur refuse de ne pas être écouté. En cela, la structure pyramidale des entreprises n’est plus acceptable. La posture que doivent adopter les entreprises ne doit plus être la même que celle d’il y a dix ans».