Il n’y aura pas de quantitative easing en Europe pour Noël. La Banque centrale européenne se laisse un peu de temps avant de sortir l’arme absolue, le rachat de dettes souveraines. L’objectif affirmé de faire repartir le crédit et l'inflation passe, selon elle, par une augmentation de son bilan de 1000 milliards d’euros d’ici 2016. « Nous devons bien sûr surveiller attentivement si le rythme de son évolution est conforme à cette attente », a dit Vitor Constancio, selon la version écrite d'un discours prononcé à Londres. « En particulier, au cours du premier trimestre de l'année prochaine, nous serons en mesure de mieux évaluer si c'est le cas. Si ce n'est pas le cas, nous devrons envisager d'acheter d'autres actifs, notamment des dettes souveraines sur le marché secondaire, marché de titres disponible plus volumineux et plus liquide », poursuit-il.

La BCE comptait initialement sur ses prêts à long terme (TLTRO) aux banques ainsi que sur ses rachats de dettes privées (ABS et covered bonds) pour augmenter massivement son bilan. Mais il semble de plus en plus évident que ces instruments ne suffiront pas. Les banques n’ont emprunté que 82 milliards d’euros lors du premier TLTRO en septembre et les analystes tablent sur une demande encore modérée, d’environ 150 milliards, lors de la prochaine opération, en décembre. Si l’on tient compte des sommes que les banques doivent rembourser, d’ici février, sur les précédentes opérations de LTRO (2011 et 2012), le solde pourrait même
conduire à une contraction du bilan de la BCE.

D’après un sondage mené par Reuters auprès de 19 traders, seuls des rachats d’obligations souveraines permettront à la BCE d’augmenter son bilan comme elle le souhaite. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, s’opposent à cette solution. « Ce serait une décision de pure politique monétaire (...) dans le cadre de notre mandat et de notre compétence juridique », estime pourtant Vitor Constancio.

L’euro atteint un nouveau plancher suite à ces propos, à 1,2458 dollar mercredi matin contre 1,2475 hier soir.