« Il y a aujourd’hui une vue consensuelle pour dire que le dollar devrait continuer à remonter contre l’euro » commente Christophe Donay.

Plusieurs raisons l’expliquent. En premier lieu, des considérations fondamentales. Alors que la Banque centrale européenne affiche une volonté d’étendre son bilan de 1000 milliards d’euros pour remplir sa mission de stabilisation des prix au sein de la zone euro et éviter ainsi une entrée en déflation, la Réserve fédérale américaine s’est inscrite dans une démarche de normalisation de sa politique monétaire. Le différentiel de politique monétaire menée de part et d’autre de l’Atlantique est davantage favorable à une baisse de l’euro et à une hausse du dollar.
A cela s’ajoute le fait que les deux régions se positionnement à un moment de cycle économique différent. Tandis que la reprise des Etats-Unis s’affermit, la zone euro demeure embourbée dans une conjoncture morose. Les investisseurs sont ainsi naturellement davantage attirés par les actifs américains-actions et obligations - que par les actifs de la zone euro.

« Vraisemblablement le taux d’équilibre euro dollar se situe autour de 1,25 » soutient Christophe Donay. « Nous y sommes. Cependant un taux de change ne s’arrête jamais à son taux d’équilibre. Un excès de 10% à 15% est habituellement relevé. Ainsi le taux de change euro dollar pourrait descendre à 1,08 » poursuit l’expert.

Ceci étant, l’appréciation du billet vert contre la monnaie unique a été très rapide. La parité euro dollar est passée de 1,40 à 1,23 entre fin septembre et début décembre. « A ainsi été parcouru en trois mois l’équivalent de ce qui devrait être cheminé en 18 mois si l’on se fie à la variation moyenne historique du taux de change » signale Christophe Donay.
Le comportement du marché suggère donc une pause. Ce d’autant plus qu’une tendance haussière ou baissière sur le dollar perdure environ 4 ans. Le mouvement ascendant contre l’euro ayant débuté il y a quatre mois, il y reste encore beaucoup de temps pour parvenir au point bas de la parité.