« Si l’année 2014 a été une mauvaise année- en témoigne la hausse du chômage due à un manque de croissance manifeste- le début de l’année 2015 s’ouvre sous de meilleurs auspices avec des taux d’intérêt très bas, un fort repli du cours du pétrole, un niveau historiquement faible de l’euro contre le dollar » annonce Emmanuel Macron. « Nous tirons par ailleurs profits des premières décisions prises, en premier lieu desquels le CICE et le Pacte de responsabilité, qui permettent de compenser de moitié les charges patronales. Le cout horaire de la France est ainsi redevenu inférieur au cout horaire de l’Allemagne » poursuit ce dernier.

Il est cependant nécessaire d’aller plus loin, soutient le ministre. Les miracles n’existent pas en matière économique. Compte tenu des choix et des contraintes qui se posent à la France, de nouvelles réformes y compris impopulaires sont nécessaires pour déverrouiller les disfonctionnements, générer une nouvelle marge de manœuvre, accroitre la concurrence et en cela la vitalité de l'activité par un surplus d’innovation et de créations d’emplois. « En surréglementant certains secteurs nous sommes parvenus à générer des effets pervers. La surprotection des insiders a conduit à accroitre l’exclusion des outsiders sur le marché du travail ».
Ce qui a été fait avec le secteur des autocars devrait ainsi être répété dans d’autres secteurs. « A coté des services publics existants, il nous a semblé important de permettre à une activité privée de se développer. C’est également ce que nous voulons faire avec d'autres pans économiques, notamment en relation avec le droit ». La volonté est affichée d’aider au mieux à l’adoption de ses mesures en expliquant leur bien fondé, en évitant d’aller dans le raccourci, la simplification à outrance, la caricature.

Pas de relance budgétaire en perspective ...

Si jusqu’ici le pays n’a pas connu l’austérité- les salaires n’ont pas reculé de 30%, les retraites n’ont pas été réduites, il n’y a pas eu de licenciements massifs de fonctionnaires- la France ne conduira pas non plus une grande politique de relance budgétaire, assure Emmanuel Macron.
La capacité de la France à respecter ses engagements conditionne sa crédibilité à pouvoir faire bouger les lignes au niveau européen. De nombreux autres pays européens ont mené les réformes requises à leur rythme et à leur mode, en premier lieu desquels l’Allemagne. « Si nous n’honorons pas nos promesses, un dialogue puissant ne sera pas possible avec ce principal partenaire. La divergence d’intérêt entre la France et l'Allemagne sera accentuée et le redressement de l’Europe ne sera pas possible ».

... pour le bien de la zone euro

Le couple franco allemand a toute sa raison d’être pour aider la zone euro à être au rendez-vous sur trois sujets précis, soutient Emmanuel Macron. Tout d’abord une politique monétaire adaptée. « La Banque centrale européenne a commencé à le faire. Elle doit aller plus loin notamment dans la mutualisation de la dette ». En second lieu, une politique budgétaire adéquate et une meilleure coordination des politiques économiques de manière à insérer de la flexibilité là où il le faut afin d’accompagner la reprise.
Enfin, une politique d’investissement d’envergure pour adresser le problème de la demande qui existe au niveau européen. « Le plan Juncker a posé la matrice de cette politique. Nous l’avons insuffisamment travaillée. La clé est de faire du Fonds d’investissement quelque chose de plus ambitieux avec une capacité d’endettement commune pour lever plus d’argent public et autoriser plus de subventions. Cela suppose un accroissement du principe de solidarité, le dépassement de la guerre de religion entre Etats du nord et Etats du sud, les uns reprochant les erreurs du passé, les autres soutenant que le passé doit être oublié ».

L’enjeu est de taille reconnait pleinement Emmanuel Macron. « Nous avons une part de responsabilité indéniable dans la violence dont nous avons été victimes en ce début d’année », en faisant référence aux attentats de la semaine du 5 janvier. « Lorsque la République n’arrive plus à donner la capacité à se développer, à progresser, elle secrète du désespoir, ouvre la porte aux excès, pousse à prendre d’autres voies. Il faut redonner des nouvelles perspectives, de nouvelles opportunités à nos concitoyens en reconstruisant une histoire de progrès. Cela ne sera pas possible si l’économie est à l’arrêt, si elle est grippée ».

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