Douche froide pour le nouveau gouvernement grec. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi soir qu'elle n'accepterait plus les obligations d'Etat grecques en échange de ses opérations de financement. Les banques grecques vont devoir se refinancer auprès de la banque centrale nationale qui peut elle-même puiser dans la ligne de liquidité d’urgence (ELA) mise en place par la BCE.

Il s’agit là d’un sérieux avertissement de la part de la Banque centrale européenne qui somme la Grèce de « négocier rapidement et de manière constructive » un accord avec ses créanciers internationaux afin d'assurer « la stabilité financière » du pays. Les fonds d’urgence ne sont qu’une solution de court terme et ne s’adressent qu’à des banques solvables, a rappelé le président de la Bundesbank, Jens Weidmann. Or, pour l’heure, il est impossible d’anticiper une issue favorable aux discussions en cours, note la BCE.

Wolfgang Schaüble reste inflexible

Alors un premier round d’observation et des déclarations de bonne volonté de part et d’autre, les discussions entre Athènes et ses créanciers (essentiellement les pays européens et le FMI) semblent en effet patiner. Reçu jeudi à Berlin, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis n’a pas réussi à infléchir son homologue allemand. « Nous ne sommes pas encore vraiment d'accord sur ce que nous devons faire maintenant », a indiqué Wolfgang Schaüble à l’issue de leur rencontre. L’Allemand n’a pas caché son scepticisme sur les premières mesures annoncées par le nouveau gouvernement grec, notamment la suspension du programme de privatisations et l’embauche de fonctionnaires. Il a en outre enjoint Athènes de continuer à négocier avec la Troïka, un groupe d’experts de la BCE, de l’UE et du FMI dont le gouvernement d’Alexis Tsipras ne veut plus entendre parler.

Ces propos ainsi que les annonces de la BCE font chuter la bourse d’Athènes de plus de 3% jeudi en fin d'après-midi mais les autres places européennes restent stoïques. « La Grèce (...) va d'abord s'approcher du précipice, avant qu'une issue favorable émerge éventuellement », estiment les analystes d'Aurel BGC. Après avoir chuté à 1,1334 dollar mercredi soir l’euro s’est repris et s’échange désormais à 1,1430 dollar.