Le cap des 10 000 milliards de dollars de capitalisation a été franchi ce week-end en Chine continentale. Les bourses de Shanghai et Shenzen affichent une capitalisation cumulée de 10 005 milliards de dollars, en hausse de 150% depuis un an. Elles pèsent désormais deux fois plus que les bourses de Tokyo et Osaka (5 000 milliards) mais restent derrière la bourse de New York (20 000 milliards). A titre de comparaison Euronext ne pèse « que » 3500 milliards.

« Aucun autre marché action n’a connu une telle hausse sur douze mois », souligne l’agence Bloomberg. La ruée sur les actions chinoises s’explique par une politique monétaire très accommodante qui encourage les particuliers à s’endetter pour investir en bourse afin notamment de compenser la baisse du marché immobilier. La demande est donc essentiellement domestique mais les particuliers prennent trop de risques compte tenu du ralentissement économique en cours, juge un économiste cité par l’agence.

Les entreprises cotées à Shanghai s’échangent en moyenne à 26 fois leurs bénéfices de l’année écoulée et celles de Shenzen à 77 fois, malgré des niveaux d’endettement record. Mais l’enthousiasme n’est pas partagé par tous les investisseurs. La semaine dernière les fonds internationaux ont retiré 6,8 milliards de dollars du marché action chinois, note Barclays. Reste à savoir si le gouvernement va poursuivre sa politique en faveur des marchés actions et notamment s’il va lancer comme en Europe une politique de ‘quantitative easing’. Dans ce cas la bulle des actions chinoises n’a peut-être pas fini de gonfler.