A la veille d’une réunion de l’Eurogroupe sans aucune perspective d’accord, la banque centrale grecque a lancé mercredi un avertissement clair au gouvernement d’Alexis Tsipras. « L'incapacité à conclure un accord (avec les créanciers internationaux, ndlr) marquerait le début d'un chemin douloureux qui mènerait dans un premier temps à un défaut grec, et à terme à la sortie du pays de la zone euro et, très probablement, de l'Union européenne », annonce sans détour l’institution chargée de maintenir à flot les banques du pays. « Conclure un accord avec nos partenaires est un impératif historique que nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer », ajoute-t-elle.

Ces commentaires sont faits dans le cadre du rapport annuel de la banque sur l’économie du pays. Celle-ci a de nouveau plongé en récession avec deux trimestres de PIB négatif fin 2014 et début 2015, et souffre de l’incertitude actuelle. «L’impact le plus grave et direct de l’incertitude qui règne ces derniers mois a sans doute été la perte de confiance», souligne la banque qui évoque une baisse de 30 milliards d’euros des dépôts bancaires entre le mois d’octobre et le mois d’avril.

Ses prévisions pour le reste de l’année ne sont pas brillantes. Même en cas d’accord avec les créanciers, l’économie grecque ne devrait pas connaître mieux qu’une ligne de croissance plate ou légèrement positive en 2015, indique-t-elle. La bourse d’Athènes cède 3% mercredi en milieu d’après-midi après avoir chuté de 7% lundi. Les investisseurs craignent que le pays se dirige tout droit vers un défaut de paiement le 30 juin, date à laquelle il est censé rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI.