L’indice composite de Shanghai affiche un recul de 5,77% à la clôture de la dernière séance boursière. En l’espace d’un mois, le benchmark a chuté de 24,91%.

Selon Sébastien Barbé, lorsque l’on superpose le mouvement de la bourse du Nasdaq dans les années 2000 à la suite de l’éclatement de la bulle internet et celui de la bourse de Shanghai aujourd’hui, on retrouve une certaine similitude. Cependant le krach que l’on vit aujourd’hui en Chine reste « un évènement de marché ».

« Il ne révèle pas de grandes faiblesses économiques structurelles et ne devrait pas avoir une incidence majeure sur la consommation chinoise même s’il conduira à une baisse de l’effet richesse procuré par l’envolée du marché boursier » rassure Sébastien Barbé. Depuis janvier, l’indice composite de Shanghai enregistre encore une performance de 57,70%.

« La logique du marché boursier chinois est une logique d’investisseurs individuels basée sur le jeu. Les particuliers jouent en bourse sans pour autant avoir une vue précise sur les sous jacents, sur les perspectives des revenus des entreprises chinoises » explique le responsable de Crédit Agricole CIB.

La correction a, qui plus est, été accentuée par le changement de la réglementation sur les appels de marge, un flux d’introductions en bourse très important depuis trois semaines, et la déception de voir la Banque centrale de Chine ne pas baisser intégralement le taux de réserves obligatoires pour les banques. Celle-ci ne l’a fait que de manière sélective.

« Nous sommes d’avis que le marché devrait finir par renouer avec une relative stabilité» affirme Sébastien Barbé. Difficile de préciser pour autant où se situera le point bas.

Un modèle de développement difficilement viable

Si aucune inquiétude n’a lieu d’être à court terme concernant la croissance chinoise qui devrait se situer entre 6 et 7% au cours des trois prochaines années, il n’en est pas de même à plus long terme, autrement dit dans un horizon de 5 à 10 ans, considère l'expert de Crédit Agricole CIB.

« Le problème de la croissance chinoise est qu’elle a longtemps reposé sur un important taux d’investissement, entre 45% et 50%. Ainsi près de la moitié du PIB a été généré par cet investissement » relève Sébastien Barbé.

La dynamique chinoise s’est par ailleurs beaucoup appuyée sur une distribution de crédits extrêmement abondante. « Au fil du temps, davantage de crédit était nécessaire pour créer le même montant de valeur ajouté que par le passé. S’en est alors suivie une accélération de l’octroi des prêts ».

Cette situation ne peut pas perdurer, assure Sébastien Barbé. « Le risque est réel de voir les créances non performantes augmenter de manière significative du fait d’investissements non rentables ».

Le grand défi des autorités chinoises est ainsi de diminuer le volume de crédits tout en évitant une décélération trop importante de la croissance. Certains estiment que la dette doit être apurée à hauteur de 20% à 30% du PIB. Il n’est pas du tout certain, à l’heure qu’il est que ce défi sera remporté, indique Sébastien Barbé.