Alors que l’Europe a les yeux rivés sur la Grèce, les investisseurs anglo-saxons voient d’autres nuages arriver en provenance d’Asie. Cette nuit les places asiatiques ont en effet dévissé dans le sillage de la bourse chinoise, en proie à une violente correction après avoir flambé de 150% en un an. Depuis leur plus haut du 12 juin, les places de Shanghai et de Shenzen ont abandonné respectivement 32% et 40% et aucune des mesures annoncées par Pékin n’a pour l’heure permis d’enrayer ce krach.

Celui-ci commence à avoir des conséquences sur d’autres marchés, notamment les marchés de matières premières sensibles à la croissance chinoise. Le cours du minerai de fer est ainsi tombé mercredi à un plus bas de 10 ans, selon les données de Goldman Sachs, tandis que le cuivre a chuté à un creux de six ans avant de légèrement rebondir en raison de rachats de découverts. Le pétrole est également impacté sur fond d’offre toujours excédentaire. Le recul du brut pèse sur Wall Street ce mercredi tandis que le Londres a été plombée mardi par ses valeurs minières.

Au-delà de cette contagion au travers des différents marchés, le krach boursier chinois risque de laisser des traces dans le tissu économique du pays, du côté des entreprises mais aussi des épargnants. Certains observateurs craignent qu’il impacte la consommation et assombrisse un peu plus les perspectives de la deuxième économie mondiale, dont la croissance risque de tomber à son plus faible niveau en 25 ans cette année. Pour eux les risques de déstabilisation surpassent désormais les conséquences potentielles d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Mais,comme en zone euro, le politique garde une grande importance dans la gestion de cette crise et peut encore éviter le pire.