Les perspectives économiques chinoises auront largement influencé le compte rendu de la Banque centrale américaine.

Bien que le marché de l’emploi aux Etats-Unis affiche une notable amélioration-le taux de chômage étant descendu à 5,3%- deux facteurs au moins freinent la Fed dans son enthousiasme à intervenir sur ses taux directeurs prochainement : la force du dollar et la faiblesse de l’inflation consécutive au fort repli du cours du baril de pétrole-tombé à 41 dollars mercredi-tous deux étroitement dépendants de la conjoncture qui se dessine en Chine.

Les minutes de la Fed ont clairement montré que certains membres du comité de pilotage de la politique monétaire étaient préoccupés par ce qui se passait au sein de la deuxième puissance mondiale.

Le ralentissement prononcé de la dynamique économique en Chine pourrait contribuer à maintenir une inflation faible et un dollar fort.

Or, la faiblesse de l’inflation tend à inciter les consommateurs américains à reporter leurs achats et alourdit la charge de la dette des agents économiques ayant contracté un crédit. Le renchérissement du dollar, en plus de nuire aux sociétés exportatrices américaines, rend encore plus difficile pour la Fed la tache de remonter le niveau de l’inflation.

Un autre point à l’esprit de la Fed qui pourrait la dissuader de réagir en septembre réside dans le vote du Congrès prévu en octobre pour le nouveau budget annuel et le relèvement du plafond de la dette du pays pour éviter un défaut. L’importance des Républicains au sein du Parlement américain pourrait conduire à une nouvelle impasse et mettre à mal davantage le sentiment de confiance des ménages et des entreprises dans le pays.

Comme d’habitude aucun timing précis n’a été précisé par la Fed dans ce communiqué.

Toutefois étant donné ces freins clairement identifiables, de plus en plus d’opérateurs de marché tablent sur un relèvement des taux non en septembre, mais en décembre voire au début de l’année prochaine.