La Banque centrale d’Inde a abaissé son taux repo à un plus bas niveau de 4,5 ans à 6,75% ce mardi. Le mouvement est plus fort qu’attendu. Le consensus tablait sur une réduction de 25 points de base.

Depuis le début de l’année fiscale, la Banque centrale aura ainsi diminué son taux de 1,25%.

« Je ne pense pas que nous ayons été excessivement agressifs » a commenté le gouverneur de la Banque centrale Raghuram Rajan à l’occasion d’une conférence de presse.

La décision a été motivée par l’essoufflement actuel de la dynamique économique indienne, et par une inflation relativement modérée sur fond de prix des matières premières extrêmement dépréciés.
L’inflation qui est descendu à 3,66% en aout (un record historique), devrait probablement s’élever à 5,8% en janvier, en dessous de la cible des 6%. Le nouvel objectif visé par l’institution monétaire d’ici mars 2017 se situe désormais autour de 5%.
La croissance pour l’année fiscale est attendue, quant à elle, à 7,4% au lieu de 7,6%.

Parallèlement, la Banque centrale a annoncé par le biais d’un communiqué une série de mesures destinées à ouvrir davantage le marché de la dette et le marché des devises, supposant ainsi une certaine confiance dans une meilleure résistance de l’Inde comparativement à d’autres grands pays émergents au relèvement à venir des taux par la Fed pour la première depuis 2006.
Ces mesures incluent une augmentation de l’actuelle limite de 30 milliards de dollars pour les investissements étrangers sur le marché obligataire de plus de 18 milliards de dollars d’ici mars 2018 en plusieurs étapes.

Le taux à dix ans indien a reculé de 17 points de base à 7,56%, son plus bas niveau depuis mi-juillet 2013.
La Bourse indienne a cependant évolué dans un sens défavorable dans la foulée des autres grandes places boursières mondiales.

Selon les analystes, un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire de l’Inde est exclu pour l’instant, avant que le gouvernement ne parvienne à mettre en œuvre certaines réformes sur lesquelles il s’était engagé et qui n’ont pas encore été validées par le Parlement.