Alors que les bourses européennes rebondissent fortement ce mardi après trois séances de baisse, l’euro recule face aux principales devises. En cause, les propos de l’économiste en chef de la BCE qui a évoqué lundi un renforcement du programme de rachat d’actifs de la BCE. « Il est essentiel pour une banque centrale de maintenir les attentes vis-à-vis de l'inflation, spécialement dans une période délicate pour l'économie, et nous avons des indications selon lesquelles les attentes sur l'inflation sont toujours fragiles », a déclaré Peter Praet. « Il y a des risques et c'est pourquoi nous envisageons de nouvelles actions », a-t-il ajouté.

Vers 12h45 l'euro s'échange contre 1,0668 dollar après être tombé ce matin à 1,0643 dollar, son niveau le plus faible en sept mois. 

Le président de la BCE Mario Draghi avait déjà laissé fin octobre la porte ouverte à de nouvelles mesures d'"assouplissement quantitatif", lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs début décembre. Interrogé sur les conséquences des attentats de Paris sur cette décision, M. Praet a estimé que « le problème principal est le contexte économique difficile dans lequel ont eu lieu ces attaques ».

La croissance a légèrement ralenti au troisième dans la zone euro tandis que l’inflation est restée quasi nulle, à 0,1% en octobre sur un an. Depuis deux ans, la BCE a abaissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas, mis à disposition des banques des prêts très bon marché en grande quantité et racheté depuis mars quelque 60 milliards d'euros de dettes sur les marchés dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif. Le bilan de ces injections de liquidités est pour l’heure mitigé. Si elles n’ont pas atteint leur objectif principal, à savoir relancer l’inflation, elles ont en revanche permis de faire baisser l’euro et par conséquent d’améliorer la compétitivité des entreprises européennes.