Avec un rebond de 2,4% hier, Wall Street a vécu son "Super Tuesday" mais cette hausse n'avait rien à voir avec le résultat des élections primaires américaines. Au contraire, la victoire de Donald Trump dans sept des douze Etats en jeu est plutôt de nature à renforcer les craintes des investisseurs. D'après un gérant de hedge fund cité par l'agence Reuters, "Trump représente un cauchemar pour les marchés " étant donné son caractère imprévisible et un discours aussi virulent en matière économique qu'en matière politique et d'immigration.

Le milliardaire s'en est notamment pris à la Chine, qu'il accuse de dumping monétaire, mais aussi au Mexique qui "n'envoie pas les meilleurs" de ses concitoyens aux Etats-Unis selon lui. Ces attaques se doublent d'un discours protectionniste et menaçant à l'égard de certaines entreprises américaines. Apple doit fabriquer ses "foutus ordinateurs" aux Etats-Unis, avait lancé le candidat en janvier, avant d'appeler quelques semaines plus tard au boycott de la marque pour contraindre la firme à collaborer avec le FBI.

Même si Donald Trump promet aussi des baisses d'impôts sur les sociétés certains analystes craignent que sa politique remette en cause une partie des profits des entreprises américaines. D'autres doutent de sa capacité à tenir ses promesses en matière de réduction de la dette publique, étant donné ses états de service à la tête de son empire immobilier. Un empire construit, rappellent-ils, avec les capitaux de Wall Street.

La course en tête de Donald Trump à la primaire républicaine est un facteur supplémentaire de volatilité sur les marchés, conclut un analyste. Et cette volatilité va durer jusqu'à la fin de l'année.