L'idée de diviser par deux l'impôt sur les sociétés, actuellement à 20%, a été avancée par des conseillers de la Première ministre Theresa May dans l'éventualité de négociations difficiles avec l'UE sur les conditions de sortie de la Grande-Bretagne. En brandissant cette arme, Londres espère persuader l'UE de laisser à ses banques le "passeport" leur permettant de continuer d'offrir leurs services dans le marché unique, ajoute le journal.

"Les gens disent qu'on n'a pas de cartes en main", a dit la source au Sunday Times. "Nous avons quelques bonnes cartes à jouer s'ils durcissent le ton . S'ils disent non au passeport et instaurent des droits de douane élevés, alors on peut ramener l'impôt sur les sociétés à 10%."

Ce faisant Londres renforcerait son attractivité auprès des entreprises et couperait l'herbe sous le pied de l'Irlande, le pays de l'UE où le taux de l'IS est le plus bas à ce jour (12,5%, hors dispositions plus favorables). Les dirigeants de l'UE ont d'ores et déjà averti le Royaume-Uni qu'une remise en cause de la libre circulation des personnes lui ferait perdre son accès préférentiel au marché unique.

Cette perspective inquiète notamment les banques internationales basées à Londres , qui redoutent de perdre leur fameux "passeport" et pourraient dans ce cas relocaliser leurs activités ailleurs. Dans une colonne publiée par le journal Observer, le directeur général de la British Bankers' Association, l'association des banquiers britanniques, affirme que les banques en sont déjà à étudier les modalités pratiques de transfert. "Beaucoup d'établissements plus petits prévoient de commencer le processus de relocalisation avant Noël ; les plus gros devraient commencer au premier trimestre de l'an prochain", écrit Anthony Browne. La plupart devraient cependant attendre l'ouverture officielle des discussions entre Londres et l'Union européenne, prévue en mars prochain, avant de mettre leurs plans à exécution.