L'annonce par le directeur du FBI d'un complément d'enquête sur les emails de proches collaborateurs d'Hillary Clinton provoque des remous dans le camp démocrate mais aussi sur les marchés financiers, où les investisseurs se ruaient mercredi sur les valeurs refuge comme l'or et le yen au détriment des actions. Vers 15h45 le CAC 40 cédait 1%, à 4418 points, loin de ses récents plus hauts (4550 points) tandis que le Dow Jones perdait 0,2%, en baisse pour la septième séance consécutive.

"Le risque Trump a refait surface et avec lui un malaise sur la manière dont sera menée la politique aux États-Unis", a commenté pour l'agence Bloomberg Chihiro Ohta, un courtier de SMBC Nikko Securities. "La prise de risques devrait être minimale sur les marchés" jusqu'au vote de mardi prochain, ajoutent les analystes d'Aurel BGC. Cette aversion au risque se traduit par une baisse du dollar et un courant acheteur sur le yen et l'or, valeurs refuge par excellence. Quant au peso mexicain, la devise la plus sensible aux spéculations sur la présidentielle américaine en raison des attaques de Donald Trump contre le pays et ses ressortissants, il se traite à son plus bas niveau depuis un mois contre le dollar.

Ce regain de fébrilité est à la mesure du désarroi causé par la sortie de James Comey, le directeur du FBI, qui a annoncé vendredi de nouvelles investigations sur l'équipe d'Hillary Clinton. Selon la presse américaine, des milliers d'emails du département d'Etat ont été récemment retrouvés sur un ordinateur portable d'Anthony Weiner, le mari d'Huma Abedin, une très proche conseillère d'Hillary Clinton. Ce dernier est visé par une enquête pour corruption de mineur. Le FBI souhaiterait s'assurer que ces mails stockés dans cet ordinateur privé non sécurisé ne contiennent pas d'informations liées à la sécurité d'Etat, tout comme il l'avait fait pour des mails de Mme Clinton elle-même.

Il n'en fallait pas plus pour remettre en selle Donald Trump. Dénonçant la "corruption" de la candidate démocrate qu'il promet "d'enfermer" en cas de victoire, le candidat républicain a réduit son retard dans les sondages. Selon Real Clear Politics, qui établit la moyenne des résultats des principaux sondages, l'écart n'était plus que de 2,5 points lundi contre 4,6 points avant le week-end. Un sondage publié mardi par le Washington Post et ABC News donne même un point d'avance à Donald Trump, une première depuis le mois de mai. De quoi semer le doute dans l'esprit des investisseurs qui se sont rangés, par défaut, derrière Hillary Clinton.