Les bourses européennes ont ouvert en nette hausse lundi, à la veille des élections américaines, un rebond qui contraste avec la prudence affichée par les marchés tout au long de la semaine dernière. Les investisseurs saluent la levée des dernières incertitudes dans l'enquête du FBI sur les emails d'Hillary Clinton. L'affaire qui a empoisonné la campagne de la candidate démocrate jusqu'aux derniers jours semble définitivement close et son avance dans les sondages se creuse à nouveau : d'après le dernier baromètre publié dimanche par le Washington Post et ABC, Hillary Clinton est créditée de 48% des intentions de vote contre 43% pour Donald Trump.

Le choix de Wall Street en faveur de Mme Clinton est clair. La remontée de Donald Trump dans les sondages la semaine dernière s'est accompagnée d'une série de neuf séances de baisse consécutives des marchés américains, une série inédite depuis 1980. Cependant Wall Street se méfie aussi de Mme Clinton et de son programme en faveur d'une régulation plus stricte des banques et de l'industrie pharmaceutique, notamment. Aussi les milieux financiers penchent-ils pour une victoire républicaine à la Chambre des Représentants dont les 435 sièges doivent être renouvelés ce mardi.

"Un 'Democratic sweep', autrement dit une vague démocrate qui déferlerait sur les Etats-Unis, surprendrait et incommoderait très certainement les investisseurs. Le Congrès laisserait alors le champ libre à Hillary Clinton pour mettre en oeuvre bon nombre de réformes peu favorables à certains secteurs et opérer des changements structurels", écrivent les analystes d'Edmond de Rothschild AM. En revanche, "une victoire d’Hillary Clinton, accompagnée d’un Congrès divisé, devrait limiter la volatilité sur les marchés, soulagés de voir s’installer au plus haut sommet de l’Etat, par la force des choses, une culture de la conciliation et de la demi-mesure". Hillary Clinton, comme Barack Obama, devrait composer avec l'opposition républicaine au Congrès qui pourrait freiner certaines mesures de son programme comme l'augmentation des impôts des Américains les plus riches.

Ce scénario, jugé le plus probable aujourd'hui, devrait avoir un impact 'neutre à légèrement positif' sur les marchés", indiquent les analystes de Columbia Threadneedle Investments. Mais une victoire de Donald Trump est toujours possible et susciterait nettement plus de remous. Natixis voit un potentiel de baisse de 8% de baisse du S&P 500 face à l'indice Stoxx 600 en cas de succès du candidat républicain, avec une remontée de l'aversion au risque et une ruée sur les valeurs refuges telles que l'or. Cependant, si elles sont sources de volatilité à court terme, les élections américaines constituent rarement un tournant pour Wall Street et les Bourses du monde entier, ajoute Edmond de Rothschild AM. La réunion de la banque centrale américaine, en décembre, pourrait avoir davantage d'impact sur les taux d'intérêt, le dollar et sur l'humeur de Wall Street.