La surprise est de taille. Donald Trump, candidat républicain auquel les républicains eux-mêmes ne croyaient pas, a remporté l'élection présidentielle américaine. Selon les derniers décomptes il obtient 285 grands électeurs contre 218 pour sa rivale Hillary Clinton, largement distancée.

Après une réaction initiale très négative en Asie (le Nikkei a clôturé en baisse de 5,3%), les marchés financiers européens ont ouvert en baisse plus modérée, avant de se retourner complètement dans l'après-midi. L'Eurostoxx clôture en hausse de 1% tandis que Wall Street évolue dans le e vert à la mi-journée. "C'est une étrange journée, politiquement et financièrement. Nous avons enduré des chocs politiques massifs, mais les marchés se demandent si le président Trump sera autant une menace pour l'économie américaine quand il sera en poste que ce qu'il a été pendant sa campagne", a commenté à   Kathleen Brooks, directrice de la recherche de City Index.

Dans son discours de victoire Donald Trump a déclaré qu’il serait « le président de tous les Américains » et appelé au rassemblement de la nation. Il a également confirmé le lancements de grands travaux : "Nous allons reconstruire nos autoroutes, nos ponts, nos tunnels, nos aéroports, nos écoles et nos hôpitaux". Ces propos ont provoqué un rebond des matières premières (pétrole, cuivre, acier) et des valeurs associées : ArcelorMittal a pris 10%, signant la plus forte hausse du CAC 40. Le secteur pharmaceutique fait également partie des gagnants du jour, notamment Sanofi (+5,8%), soulagé de voir s'éclipser la réforme du prix des médicamens défendue par Hillary Clinton. En revanche le secteur automobile a été pénalisé par les craintes d'une hausse des droits de douane américains, évoquée à plusieurs reprise par Donald Trump pendant sa campagne.

Sur le marché des changes le dollar a dans un premier temps décroché face aux principales devises avant de jouer son rôle de valeur refuge. L'euro s'échange mercredi soir à 1,0940 dollar contre 1,13 dollar dans la matinée. En revanche la monnaie mexicaine, baromètre de l'opinion des marchés ces dernières semaines sur l'issue du scrutin américain, a dévissé à 20,7818 pesos pour un dollar, son plus bas niveau historique. Donald Trump avait indiqué qu'il construirait un mur à la frontière mexicaine et qu'il renverrait chez eux des millions d'immigrés illégaux.