L'euphorie boursière post-élections américaines va-t-elle durer ? Pour les analystes de Bank of America-Merrill Lynch la réponse est non. Dans une note publiée mercredi 9 novembre dans la foulée de la victoire de Donald Trump, la banque souligne les risques de baisse du S&P 500 à court terme. "Historiquement le S&P500 a cédé 6% juste avant ou après des chocs macroéconomiques", et l'élection de Trump en est un. Bofa-Merrill Lynch redoute notamment une baisse de l'investissement des entreprises compte tenu de l'incertitude entourant le programme économique du nouveau président.

"Le manque de visibilité sur les politiques de Trump va peser sur le climat des affaires et l'investissement -déjà faible- des entreprises", selon les économistes de la banque qui revoient à la baisse leur prévision de croissance pour l'année 2017, à 1,8% au lieu de 2,1%. Au-delà, les baisses d'impôts et l'augmentation des dépenses publiques annoncées par le président pourraient soutenir la croissance mais elles risquent d'être contrebalancées par des mesures protectionnistes et des tensions commerciales avec les principaux partenaires des Etats-Unis.

En outre, la relance promise par Donald Trump est déjà largement reflétée dans les cours, poursuit la banque. Les secteurs de la défense, de la construction et de l'énergie affichent des multiples de valorisation déjà généreux et le S&P 500 est proche de ses plus hauts historiques. "Nous maintenons notre objectif de 2000 points pour le S&P 500 à la fin de l'année", autrement dit la banque table sur une correction de 7% par rapport aux niveaux actuels.

Le dollar en revanche pourrait profiter de la hausse des taux d'intérêt, soutenue par une politique budgétaire inflationniste (Donald Trump a promis de revaloriser les salaires des fonctionnaires). "La dernière fois que les Etats-Unis ont mené une politique de relance budgétaire alors que l'économie n'était pas en récession remonte à Ronald Reagan (1981-84). Cela s'est accompagné d'un cycle de hausse des taux de la Fed qui a propulsé le dollar vers une hausse de 60%." De quoi justifier une augmentation des droits de douane sur les produits chinois.