"I’m not going to take the salary". Lors de sa première interview télévisée depuis son élection, dimanche sur CBS, Donald Trump a fait savoir qu'il renonçait au salaire de président des Etats-Unis. Celui-ci est fixé, depuis 2001, à 400 000 dollars par an. M. Trump, dont la fortune personnelle atteint 3,7 milliards de dollars selon le magazine Forbes, a précisé qu'il ne percevrait que le dollar symbolique auquel l'oblige la loi.

Cette décision plutôt inattendue a déclenché des réactions mitigées sur les réseaux sociaux, certains dénonçant une mesure populiste alors que M. Trump, dont l'empire immobilier a connu des hauts et des bas, a été accusé par sa rivale Hillary Clinton de ne pas avoir payé d'impôts pendant près de 20 ans. D'autres au contraire y voient le signe de l'indépendance du futur président face aux pouvoirs de l'argent.

Cette décision est aussi une manière de se démarquer de Barack Obama qui avait mis son veto cet été à une proposition de loi visant à réduire le montant des indemnités versées aux anciens locataires de la Maison Blanche. Celles-ci s'élèvent à 200 000 dollars par an et s'accompagnent d'une série d'avantages en nature (bureaux, personnel, prise en charge des frais de représentation et de sécurité). Le sujet pourrait d'ailleurs revenir sur le bureau du nouveau président.

"Don't be afraid"

Ce dernier n'a cependant pas pris la peine d'expliciter ou de commenter sa décision et d'autres annonces ont pris le pas sur ces considérations salariales. Donald Trump a confirmé qu'il nommerait, dès que l'occasion se présenterait, des juges anti-avortement et "pro-gun" à la Cour Suprême. Il a également maintenu son projet de construire un mur à la frontière mexicaine et d'expulser plusieurs millions d'immigrés illégaux. Il a en revanche condamné les actes de violence et de harcèlement contre des minorités (musulmans, noirs ou hispaniques), qui, selon l'opposition démocrate et des associations, se sont multipliés depuis l'élection présidentielle. Enfin il a précisé qu'il acceptait la jurisprudence de la Cour Suprême autorisant le mariage homosexuel. Celui qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain a également lancé un «N'ayez pas peur» aux téléspectacteurs, alors que des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, ce week-end dans plusieurs grandes villes du pays, pour protester contre son élection.