Un an après la conférence de Paris sur le climat, où les principaux pollueurs de la planète se sont fixés des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le réchauffement climatique, la communauté internationale est à nouveau réunie, du 7 au 18 novembre à Marrakech. L'enjeu de cette "COP22" n'est pas mineur puisqu'il il s'agit de "concrétiser les différents axes retenus dans l’Accord de Paris", autrement dit de passer de la parole aux actes

L'élection d'un climatosceptique à la Maison Blanche pourrait cependant ruiner les timides efforts entrepris. Durant sa campagne, Donald Trump a en effet menacé d'annuler l'accord de Paris et affirmé son soutien au développement des énergies fossiles dans son pays.  « Les États-Unis, première puissance économique du monde, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, doivent respecter les engagements qui ont été pris », a lancé François Hollande mardi à la tribune de la COP22, rejoint par la plupart des responsables présents. Mais même si ces engagements étaient tenus, ils ne permettraient pas de limiter le réchauffement climatique sous 2°C, et encore moins à 1,5°C comme souhaité par les signataires de l'accord de Paris, souligne un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publié mercredi.

"La mise en œuvre des engagements actuels au niveau international ne fera que ralentir l'augmentation des émissions de CO2 liées à la production énergétique (…) et ne limiterait l'augmentation de la température moyenne du globe qu'à 2,7°C d'ici 2100", affirme l'agence dans son 'World Energy Outlook 2016'. Selon un autre rapport publié en début de semaine par l'Organisation météorologique mondiale, la température moyenne en surface aurait déjà progressé de 1,2°C par rapport au niveau pré-industriel. "La conclusion inévitable, c'est qu'il y a un besoin urgent de réductions radicales immédiates des émissions de CO2 dans le secteur de l'énergie si on veut qu'il y ait une chance de parvenir à cet objectif de 1,5°C", ajoute l'AIE.

L'agence préconise pour ce faire un changement drastique des modes de production d'électricité en faveur des énergies non fossiles. La part du nucléaire et des énergies renouvelables (hydroélectricité, biomasse, éolien, solaire) devrait être portée à 90% de la production électrique mondiale contre moins de 40% aujourd'hui. Le recours aux énergies fossiles doit être limité également dans d'autres secteurs: l'AIE plaide pour un parc automobile majoritairement électrique en 2040 alors que moins d'1% l'est aujourd'hui. Cette révolution nécessite une volonté politique forte au niveau de chaque Etat, a cependant reconnu Fatih Birol, directeur exécutif de l’agence. Elle pose également la question du financement de cette transition, dans les pays industrialisés comme dans les pays émergents.