Le président italien Sergio Mattarella a chargé dimanche Paolo Gentiloni, ministre sortant des Affaires étrangères, de former un nouveau gouvernement suite à la démission de Matteo Renzi de son poste de président du conseil. M. Gentiloni, 62 ans, est un cadre du Parti démocrate (PD) et un soutien fidèle de Matteo Renzi.
Il entend poursuivre sur la même ligne politique que son prédécesseur : "Nous travaillerons dans le cadre du gouvernement et de la majorité actuelle", a-t-il déclaré avant un vote de confiance qui pourrait avoir lieu mercredi.

S'il peut effectivement compter sur le soutien de la majorité de centre-gauche à la Chambre des députés et au Sénat, le résultat du referendum du 4 décembre a montré que le soutien n'était pas aussi fort dans le pays, où le parti 'anti-système' Mouvement 5 Etoiles prend de l'ampleur. Son leader Bepe Grillo avait d'ailleurs réclamé des élections anticipées à la suite du referendum, ce que le président de la République a exclu pour le moment. Selon une indiscrétion transmise à la presse, Sergio Matarella juge « inconcevable d’aller aux élections avant d’avoir rendu les modes de scrutin de la Chambre des députés et du Sénat homogènes ». La loi Italicum, adoptée en mai 2015, prévoit un scrutin majoritaire pour la Chambre des députés, alors que l’échec de la réforme constitutionnelle maintient tous ses pouvoirs à un Sénat qui reste élu à la proportionnelle, ce qui risque de rendre la création d’une coalition improbable et le pays ingouvernable. La mission prioritaire du nouveau gouvernement est donc de rédiger une nouvelle loi électorale.

Si la nomination de M. Gentiloni met fin à une semaine de vacance du pouvoir et d'incertitude politique, elle ne règle pas pour autant le dossier épineux de la recapitalisation du secteur bancaire italien. Vendredi, l'action de la banque Monte Paschi dei Sienna (MPS), la plus en difficulté, a chuté de 10% alors que la Banque centrale européenne a refusé de repousser la mise en œuvre de son plan de recapitalisation, dont le délai est fixé à la fin du mois. Dans un communiqué publié tard dimanche, à l'issue d'un conseil d'administration à Milan, la banque a indiqué qu'elle mènerait cette opération "dans les temps prévus" et sans demander l'aide de l'Etat italien. Problème, sur les 5 milliards d'euros d'argent frais nécessaires, seul 1 milliard a été sécurisé via la conversion d'obligations en actions. Un montant équivalent pourrait être investi par le fonds souverain du Qatar. Resterait donc 2 milliards à trouver auprès d'investisseurs institutionnels et particuliers. Compte tenu de la situation de la banque, c'est loin d'être gagné. Les autorités italiennes en ont d'ailleurs conscience, des sources évoquant lundi une "recapitalisation préventive" de la part de l'Etat en cas d'échec du tour de table auprès d'investisseurs privés.

Le titre BMPS avançait de 1,3% lundi à la mi-journée, en ligne avec l'indice principal de la bourse de Milan.