Le conseil d'administration du Fonds monétaire international, qui s'est réuni lundi après-midi, a réaffirmé "sa pleine confiance dans la capacité de la Directrice générale de continuer de s’acquitter efficacement de ses fonctions".

Mme Lagarde avait été reconnue peu avant coupable de négligences dans l'arbitrage ayant conduit au versement de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires Bernard Tapie, en 2008, alors qu'elle était ministre de l'économie.
La Cour de Justice de la République (CJR) l'avait toutefois dispensée de peine, en raison notamment de ses fonctions internationales.

"Le Conseil d’administration (du FMI) a pris en compte tous les facteurs en jeu lors de ses débats, y compris l’excellent travail de la Directrice générale à la tête du FMI, ainsi que le respect et la confiance dont ce travail bénéficie largement à l’échelle mondiale", peut-on lire dans un communiqué.

Annulé pour fraude

L’arbitrage en faveur de M. Tapie a été annulé en 2015 pour «fraude». Une enquête pénale a été ouverte dans la foulée, la justice soupçonnant un détournement de fonds et une «escroquerie en bande organisée». En cause, les liens supposés entre l'un des avocats de Bernard Tapie et l'un des arbitres chargés de régler le contentieux. Outre ces deux protagonistes, l'ex directeur de cabinet de Mme Lagarde, Stéphane Richard, et Bernard Tapie ont également été mis en examen. Stéphane Richard a refusé de témoigner au procès de Mme Lagarde devant la CJR afin de "préserver sa défense" en vue du procès qui doit se tenir en 2017.

Mme Lagarde, qui n'est pas mise en cause dans ce volet pénal, a comparu devant la Cour de Justice de la République (composée d'une majorité de parlementaires) pour des faits de "négligence". L'instance n'a rien trouvé à reprocher à l'ancienne ministre concernant le lancement en 2007 d'une procédure d'arbitrage pour solder un vieux contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. En revanche, elle a estimé qu'en ne tentant pas de recours en 2008 contre la sentence arbitrale, qui avait attribué 403 millions d’euros à l’homme d’affaires dont 45 millions d’euros pour « préjudice moral », Mme Lagarde avait bien fait preuve de négligence.

"Elle est reconnue coupable partiellement sur un des deux reproches qu'on lui faisait mais je constate qu'elle n'est condamnée à rien", a commenté Me Patrick Maisonneuve, son avocat, qui n'envisage pas de se pourvoir en cassation.