Après avoir poussé Ford à annuler son projet d'usine au Mexique (en savoir plus), Donald Trump a réaffirmé vendredi son intention d'ériger une "Grande Muraille" le long de la frontière sud des Etats-Unis. Cependant, contrairement à ce qu'il avait soutenu jusqu'à présent, il a reconnu que les contribuables américains devraient payer son édification. « Les médias malhonnêtes ne rapportent pas que tout l’argent dépensé pour construire la Grande Muraille (dans l’intérêt de la rapidité) sera remboursé plus tard par Mexico! », a tweeté le futur locataire de la Maison-Blanche, sans dire comment il comptait forcer le gouvernement mexicain à payer la facture.

Le mur est censé couvrir toute la frontière, soit 3200 km, un chantier pharaonique qui se chiffrerait en dizaines de milliards de dollars. D'après l'agence Associated Press, des discussions ont déjà eu lieu entre l'équipe de transition de Donald Trump et des membres républicains du Congrès au sujet de son financement. Ces discussions porteraient également sur la possibilité de référer au Secure Fence Act de 2006, qui avait autorisé l'administration Bush à construire un système de barrières physiques et électroniques qui couvre aujourd'hui environ 900 km de frontière.

La construction de ce mur a été une idée phare de la campagne du milliardaire, qui la présente comme un moyen de contrer l’immigration illégale aux États-Unis. Il a comparé le projet à la Grande Muraille de Chine, construite pour empêcher les invasions mongoles. Cette allusion ne doit pas plaire à Pékin, lui aussi menacé par le président américain de barrières – douanières celles-là – face à ce qu'il considère comme une relation "à sens unique": « La Chine a récupéré une quantité incroyable d’argent et de richesses via son commerce avec les États-Unis, totalement à sens unique, mais elle n’aidera pas pour la Corée du Nord ! Sympa ! », a-t-il tweeté mardi 3 janvier.

La réponse ne s'est pas fait attendre. Dans son édition de vendredi, le Global Times, organe officiel du Parti communiste chinois, écrit qu'"il y a des fleurs autour du portail du ministère chinois du Commerce, mais il y a également des gros bâtons cachés derrière la porte... Tous deux attendent les Américains". Un avertissement au prochain locataire de la Maison Blanche,  dont la 'diplomatie du tweet' semble de plus en plus agacer ses partenaires.