Pékin contrôlerait-t-il le Bitcoin ? La monnaie électronique, conçue pour ne dépendre d'aucun Etat ou banque centrale, a fait un plongeon de 12% mercredi après l'annonce par la Banque populaire de Chine de l'ouverture d'une enquête sur plusieurs plateformes d'échange. Des inspecteurs de la PBOC et des municipalités de Pékin et Shanghai ont perquisitionné les bureaux des principales plateformes d'échange de Bitcoins du pays à la recherche d'éventuelles manipulations de cours, de blanchiment d'argent et de financements illégaux, a précisé la PBOC.

En l'espace d'une journée le Bitcoin a chuté de 12%, passant de 909 dollars à 797 dollars. Il semble se stabiliser autour des 790 dollars jeudi mais reste loin de ses récents plus hauts. Le cours du Bitcoin avait en effet atteint 1100 dollars début janvier après une hausse de 126% en 2016.

"La récente envolée du bitcoin était probablement alimentée par les fuites de capitaux chinois et la spéculation (…) Les craintes d'un durcissement des autorités chinoises risquent de maintenir la pression", a commenté Gil Luria, analyste de Wedbush Securities cité par l'agence Bloomberg.

L'ouverture de cette enquête laisse en effet craindre un nouveau durcissement des autorités chinoises vis-à-vis de la monnaie électronique, dont l'usage dans le système bancaire chinois est interdit depuis 2013. L'achat de Bitcoins par les particuliers reste, lui, autorisé via les plateformes en ligne. Les trois principales plateformes chinoises (BTC China, Okcoin et Huobi), fonctionnant en yuans, représentent 98% des échanges mondiaux de bitcoins, selon les récentes données d'un site de référence du secteur, bitcoinity.org.