Très attendu par les marchés, le discours de Theresa May a permis de lever un certain nombre d'incertitudes. La première ministre britannique a défendu un projet de sortie complète de l'Union européenne, qui passe par le rétablissement des contrôles douaniers et par la perte du passeport européen pour les entreprises britanniques.

"Je veux le dire clairement : ce que je propose ne peut pas signifier une appartenance au marché unique (…) Pas d'appartenance partielle à l'Union européenne, pas de membre associé de l'UE, rien qui nous laisse à moitié dehors, à moitié dedans". "Au lieu de cela, nous chercherons le meilleur accès possible grâce à un nouvel accord de libre-échange global, audacieux et ambitieux", qui doit permettre le commerce "le plus libre possible" entre le Royaume-Uni et l'UE, a-t-elle précisé.

Cela n'empêchera pas Londres de négocier ses "propres accords commerciaux" avec le reste du monde. La première ministre a également insisté sur le contrôle de l'immigration en provenance de l'UE tout en affirmant : "Nous quittons l'Union européenne mais nous ne quittons pas l'Europe".

Vote du Parlement

Concernant le calendrier, Theresa May semble souhaiter un peu plus de temps que le délai de deux ans prévu par les traités, plaidant pour une application "par étapes" du nouveau cadre des relations entre la Grande-Bretagne et l'Union économique et monétaire.

"Il n'est de l'intérêt de personne qu'il y ait un saut dans le vide pour le monde des affaires ou une menace contre la stabilité alors que nous changerons notre relation existante en une nouvelle relation avec l'UE", a-t-elle souligné.

Surtout, la première ministre a promis de soumettre l'accord qu'elle aura négocié avec ses partenaires européens à l'approbation du Parlement britannique. Une étape supplémentaire qui pourrait repousser la sortie définitive.

La livre a réagi positivement à ces annonces : vers 16h30 elle reprend 2,5% face au dollar et 1% face à l'euro. Quant à l'indice des principales capitalisations britanniques (Footsie 100) il cède 1% malgré la hausse des valeurs bancaires.