Alors que l'arrivée au pouvoir de Donald Trump suscite de nombreuses interrogations des deux côtés de l'Atlantique, les dirigeants de la Fed et de la BCE ont maintenu le cap de leurs politiques monétaires lors de leurs interventions cette semaine.

Pour Janet Yellen, le cap est celui de la hausse des taux d'intérêt afin d'éviter toute surchauffe de l'économie. "Il paraît pertinent de réduire graduellement le niveau de soutien de la politique monétaire (…) Attendre trop longtemps serait courir le risque de voir surgir en chemin une surprise désagréable, soit une inflation trop élevée soit une instabilité financière, soit les deux", a déclaré la présidente de la Fed lors d'un discours à San Francisco.

La Fed a relevé d'un quart de point son principal taux directeur en décembre et table sur trois autres hausses modérées en 2017. Mme Yellen s'attend cependant à des "changements dans l'économie" avec la mise en œuvre du programme de relance de Donald Trump, qui pourrait déboucher sur un relèvement plus rapide que prévu des taux d'intérêt. Le rythme et l'ampleur du resserrement monétaire "dépendra de l'évolution réelle de l'économie dans les prochains mois", a-t-elle précisé.

Draghi n'entend pas "relâcher l'effort"

De son côté Mario Draghi a défendu jeudi le "niveau extraordinaire de soutien monétaire" en vigueur dans la zone euro malgré l'amélioration des principaux indicateurs économiques et le retour de l'inflation dans un certain nombre de pays, notamment l'Allemagne. "L'inflation publiée a récemment augmenté en grande partie en raison d'effets de base dans les prix de l'énergie. Mais les pressions inflationnistes sous-jacentes demeurent limitées (…) Il n'y a pas encore de signes convaincants d'une tendance à la hausse de l'inflation sous-jacente" sur l'ensemble de la zone euro, a indiqué Mario Draghi. Ce dernier n'entend pas "relâcher ses efforts" pour faire remonter l'indice des prix vers son objectif de moyen terme.

La BCE a par conséquent laissé ses taux directeurs inchangés à 0% et affirmé qu'elle continuerait ses achats de dettes tout au long de l'année 2017. Comme elle l'avait annoncé en décembre, le montant de ces achats passera de 80 milliards d'euros par mois à 60 milliards à partir du mois d'avril. Toutefois "si les perspectives deviennent moins favorables ou si les conditions financières ne permettent plus de nouvelles avancées vers un ajustement durable de l’évolution de l’inflation, le Conseil des gouverneurs se tient prêt à accroître le volume et/ou à allonger la durée du programme", a-t-elle précisé. 

Comme aux Etats-Unis, le risque politique devrait peser lourd dans les décisions de la BCE au cours des prochains mois, même si Mario Draghi a estimé qu'il était "trop tôt" pour évaluer l'impact de Donald Trump et du Brexit sur la reprise européenne. En attendant la divergence des politiques monétaires devrait maintenir l'euro sous pression face au dollar.