On l'a dit, on le répète : jamais depuis très longtemps les actions européennes n'ont été si "bon marché" en comparaison de leurs homologues américaines. Ce constat est confirmé par Bank of America Merril Lynch dans une note publiée jeudi 9 février. « La région est bon marché comparativement aux Etats-Unis, surtout en termes de price-to-book (cours de Bourse rapporté à l'actif net, ndlr). (Celui-ci est) proche d’un plus bas de quarante ans", écrit la banque.

Les actions américaines ont enregistré une surperformance de 105% depuis 2008 sur leurs homologues européennes, un écart qui s'explique principalement par une plus forte croissance des bénéfices (+76 points de base), selon Bofa Merrill Lynch. "Les marges bénéficiaires des entreprises américaines sont proches de leur plus haut historique, alors qu'elles restent inférieures à leur moyenne en Europe", ajoute-t-elle.
Cependant, cela devrait changer avec le redémarrage du cycle économique mondial. Les entreprises européennes devraient enregistrer une hausse de 20% de leurs bénéfices par action en 2017-2018, contre 16% pour les entreprises américaines, ce qui pourrait constituer un "catalyseur" pour les actions européennes.

Cependant, deux conditions sont nécessaires à ce rebond. La première est la réalisation effective des résultats attendus du côté des entreprises européennes. La seconde est la dissipation des risques politiques, encore trop présents aujourd'hui. Sur ce point "on devrait avoir davantage de visibilité dans le courant de l'année (…)" estime la banque qui n'exclut pas une surprise positive en cas d'élection de dirigeants réformateurs en France et en Italie.

En attendant Bofa Merrill Lynch a déjà pris quelques paris sectoriels. La banque préfère les acteurs européens de l'énergie, des utilities et les matériaux de base, mais privilégie les opérateurs télécoms américains ainsi que les producteurs de biens de consommation discrétionnaire (loisirs, TV, etc). "Nous surpondérons le secteur financier dans les deux régions", ajoute la banque, confiante dans la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis et dans la reprise en Europe.