"C'est le meilleur discours qu'il ait jamais prononcé ». La réaction de Dana Perino, ancienne porte-parole de la Maison Blanche sous George Bush, à propos du premier discours de Donald Trump devant le Congrès résume le sentiment de la plupart des commentateurs outre-Atlantique. 

Plus mesuré qu'à l'habitude, le président américain a invité au rassemblement des démocrates et des républicains pour écrire « un nouveau chapitre de la grandeur américaine » et permettre le « renouveau de l’esprit américain ». Après avoir condamné de nouveaux actes antisémites et xénophobes survenus ces derniers jours, le président n'en a pas moins repris l'un de ses couplets favoris sur la lutte contre l'immigration illégale. Il a d'ailleurs annoncé la création d'une nouvelle agence au service des victimes de crimes commis par des immigrés - une proposition qui a aussitôt enflammé les réseaux sociaux. « Nous voulons donner une voix à ceux qui ont été ignorés par les médias et réduits au silence par les lobbies », a-t-il martelé.

Le président est en revanche resté flou sur ses principales propositions économiques, notamment sur le financement de son programme de baisses d'impôts et de rénovation des infrastructures du pays, qu'il avait qualifié la semaine dernière de "phénoménal". Idem sur la "border tax" censée financer la construction du mur entre les Etats-Unis et le Mexique et sur la renégociation des accords de libre-échange avec ses principaux partenaires commerciaux.

Selon Aurel BGC, les investisseurs attendaient de ce discours "des indications claires sur les prochaines mesures de baisses d'impôts et de dépenses au niveau fédéral". De ce point de vue ils ont été déçus. Cependant, l'absence d'annonce de nouvelles mesures protectionnistes, et la prudence dont a semblé faire preuve Donald Trump sur les questions commerciales, peut être interprétée de façon positive. 'No news is good news' résument les analystes d'ADS Securities pour qui l'attention des investisseurs va maintenant se porter sur la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine des 14 et 15 mars. Wall Street, qui a clôturé en baisse mardi avant le discours de Donald Trump, est attendue en légère hausse mercredi à l'ouverture tandis que le CAC 40 prend plus de 1,4% à la mi-journée.