« La politique monétaire que nous menons depuis plusieurs années est une réussite » indique sans équivoque Mario Draghi, en réponse à une question posée sur la trajectoire dans laquelle s’inscrit l’inflation.
Plusieurs éléments le démontrent, avance alors le président de la BCE. Tout d’abord depuis 2015, le PIB de la zone euro n’a cessé de croitre en volume entre 0,3% et 0,6% en glissement trimestriel. « La répartition de cette croissance est, au passage, bien plus équilibrée » relève Mario Draghi. 

Par ailleurs, le climat des affaires en février 2017 est à son plus haut niveau depuis 2011. De même en est-il de l’indice composite PMI.
Dans un autre registre, le taux de chômage est dernièrement ressorti à 9,6%, un point bas depuis mai 2009. « Plus de 4 millions d’emplois ont été créés en trois ans » rappelle le président de la BCE.

Au-delà, la fragmentation financière s’est considérablement atténuée. « Les taux longs italiens et espagnoles se sont davantage repliés que les taux longs français et allemands » affirme Mario Draghi. La baisse du taux de crédit s’est faite avec plus d’homogénéité dans l’ensemble de la région. Ainsi, les entreprises et les ménages ont été en mesure d’emprunter à des conditions plus favorables ce qui a permis une réduction de la dette pour certains et une hausse de la demande de prêts pour d’autres.

« Ces éléments tangibles constituent autant de preuves à l’appui de l’efficacité de notre politique, spécialement de la mise en œuvre de notre programme d’achat d’actifs pour les observateurs qui en doutaient » souligne Mario Draghi.

Le travail n’est pas terminé


Si les anticipations d’inflation sont mieux ancrées, la stabilité des prix n’est pas encore garantie. « La dernière hausse de l’inflation globale est surtout due à la remontée des prix du pétrole et des aliments non transformés », confesse Mario Draghi.  «Il n'y a pas encore de signes convaincants que l'inflation sous- jacente se redresse de manière durable» déplore ce dernier.

Les risques à la baisse de l'inflation demeurent bien qu’ils se soient amoindris. « La probabilité que les scénarii négatifs se concrétisent a beaucoup faibli mais elle n’est pas nulle ». Plus singulièrement, au delà du risque géopolitique globalement palpable dont il est difficile de mesurer les éventuelles conséquences économiques,  posent problème la lenteur de la mise en œuvre des réformes structurelles dans certains Etats membres et la nécessaire poursuite de l’ajustement des bilans pour certains acteurs.

Il est nécessaire que le marché de l'emploi se rétablisse plus notablement, que la sous utilisation des capacités de production se résorbe davantage, pour que les salaires évoluent en hausse, explique Mario Draghi. «L'augmentation des salaires est une des variables clés pour avoir une remontée d'inflation plus pérenne».

Ainsi il n’est pas question aujourd’hui de diminuer les taux directeurs, d’augmenter la quantité ou d’allonger la durée du programme d’achat, ou encore de lancer une nouvelle opération de refinancement des banques mais ces différentes options persistent car « la BCE ne peut pas dire qu’elle est parvenue à son but » conclut Mario Draghi.