« Il n’y a aucune raison d’attaquer l’Allemagne » soutient Mario Draghi. « La monnaie allemande est l’euro. La politique monétaire est menée par la BCE qui est indépendante comme le prévoit son mandat. Et celle-ci prend soin de respecter l’engagement pris, dans le cadre du G20, identiquement à d’autres grandes banques centrales, de ne pas manipuler le taux de change à des fins compétitives pour ne pas entraver la stabilité financière et économique au niveau mondial ».

« La BCE n’est pas intervenue sur le marché des changes depuis 2011 », observe Mario Draghi. Elle était, par ailleurs, intervenue de manière concertée avec d’autres grandes banques centrales pour stabiliser la valeur du yen, à la suite du tremblement de terre et du tsunami survenus au Japon, relève ce dernier.

Au demeurant, « le taux de change effectif de l’euro ne s’est pas beaucoup éloigné de la moyenne historique », souligne le président de la BCE. « En revanche, le taux effectif du dollar est en dehors des clous. Et assurément l’euro n’est pas responsable de cette situation » renchérit Mario Draghi.

« Il n’y a pas si longtemps, sous l’ère Obama, le Trésor américain avait lui-même souligné que l’Allemagne ne manipulait pas la monnaie », rappelle enfin Mario Draghi.

L’euro est irrévocable


A l’occasion de cette même conférence de presse, Mario Draghi s’est attaché à réitérer le caractère irrévocable de l’euro. « L’euro est là pour rester. Sans euro, il n’y a pas de marché unique. C’est une condition sine qua non, un pilier nécessaire à sa survie. Et sans marché unique il n’y a pas de prospérité possible des Etats européens».

L’euro a permis des avancées réelles entre les Etats membres, remarque en outre Mario Draghi comme le Pacte de stabilité et de croissance ou encore le Mécanisme de supervision unique.

« Il est donc irréaliste de penser autrement qu’avec l’euro ». Pour le président de BCE, au-delà des chefs d’Etat et de gouvernement qui n’ont pas hésité, quand les circonstances l’exigeaient, de fournir les efforts nécessaires pour demeurer au sein de l’union monétaire, les citoyens européens paraissent avoir bien compris l’importance de l’euro, assure Mario Draghi. « Selon la dernière enquête réalisée, plus de 70% d’entre eux se disent favorables à l’euro ».

Aussi, face à la montée des partis populistes réfractaires à la monnaie unique dans les sondages, à l’approche de grandes élections dans certains Etats membres, il y a lieu d’être vigilant mais pas angoissé pour autant.

« La bonne question à se poser, est celle de savoir ce que l’on peut améliorer pour avoir un euro plus résiliant en période de crise. L’euro est, qui plus est, un canal de solidarité de nature à permettre de mieux se protéger. Aujourd’hui, plus que jamais la situation est propice à des progrès supplémentaires » conclut le président de l’institution monétaire.