« Nous sommes clairement surpondérés sur les actions japonaises», confie l’expert. Alors que les toiles de fond macroéconomique et microéconomique montrent clairement des signes d’embellie, le marché reste pénalisé par l’appréciation du yen. « Ce dernier se traite sur des niveaux de prix sur actif net de seulement 1,2 fois, ce qui est remarquablement faible » argue Malik Haddouk.

Une situation qui ne devrait pas perdurer au fur et à mesure que les investisseurs seront rassurés sur les résultats des sociétés nippones et retrouveront de l’appétit pour les actifs risqués.

Une conjoncture favorable

« L’amélioration de la conjoncture est nette au Japon » relève Laetitia Baldeschi, co-responsable des études et de la stratégie de CPR AM. La croissance nominale s’est avérée positive l’année dernière, pour la première fois depuis longtemps, à +1%. Elle est escomptée à +1,2% cette année, c’est bien plus que le potentiel estimé par les économistes qui se situe entre 0,4% et 0,8% sur fond d’une démographie problématique. 

Seul bémol au tableau, un retard à l’allumage s’agissant de la consommation qui n’a progressé que de 0,9%. En dépit de la confiance témoignée à l’égard de la dynamique économique, l’évolution du taux d’épargne reste supérieure à la hausse de la consommation. D’une part la réévaluation des salaires est ténue. D’autre part, il y a un doute sur la capacité de l’Etat à financer les retraites et la sécurité sociale. 

Du coté des entreprises, la hausse des exportations japonaises a permis la baisse des stocks et une hausse de l’activité dans l’industrie. Les profits ont grimpé de 20% au quatrième trimestre 2016 sur un an glissant et devraient continuer de s’inscrire sur une pente ascendante.

Une politique monétaire ultra accommodante

La visibilité sur la feuille de route de la Banque centrale du Japon est assez bonne. Avec une inflation qui demeure faible, bien éloignée de la cible de 2%, nous devrions encore avoir plusieurs trimestres de politique ultra accommodante, assure Laetitia Baldeschi. Ce d’autant plus que les anticipations d’inflation des ménages ne sont pas ancrées. Ces derniers ne sont pas encore dans une logique de hausse continue des prix. « La BoJ devrait poursuivre un pilotage du niveau des taux à 10 ans autour de 0% en arbitrant les quantités de titres achetés » précise la co-responsable des études et de la stratégie de CPR AM.

Une relative stabilité politique


Sur le front politique, la situation parait assainie. Après modification des statuts, le premier ministre actuel, Shinzo Abe, devrait être en mesure de briguer un troisième mandat en septembre 2018 et de devenir ainsi le plus long premier ministre d’après-guerre. Il sera en outre chef du parti majoritaire à l’Assemblée et sera en capacité de faire passer les réformes requises pour le pays.