« Les considérations macro et micro économiques sont réunies pour permettre aux actions des pays émergents de performer remarquablement cette année » admet Patrice Lemonnier lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 14 mars.

Sur le plan macroéconomique, ressortant à 4,5%, la croissance dans les émergents a surpris positivement pour la première fois depuis cinq ans au quatrième trimestre 2016. Le différentiel affiché avec la dynamique des pays développé s’est, en cela, creusé. La tendance devrait se poursuivre cette année. « Certains pays, tels que l’Inde, la Chine, l’Indonésie, les Philippines ont vocation à connaitre une hausse de leur PIB supérieure à 6% » souligne Karine Herve, économiste senior chez Amundi.
Les finances publiques montrent une certaine robustesse dans l’ensemble de la sphère. En particulier, les déficits sont contenus et les dettes sont inférieures à 50% du PIB dans presque tous les pays. Même les grands pays touchés par le choc des matières premières, comme la Russie ou le Brésil, ont renoué avec des comptes courants positifs et des déficits en baisse.

Une dynamique bénéficiaire favorable

Sur le plan microéconomique, est observée une profitabilité au plus bas avec une amélioration des profits pour la première fois depuis quatre ans. « Si le retour sur capitaux investis qui se situe aujourd’hui autour de 10,5, un plus bas en quatorze ans, venait à remonter à 12, avec de surcroit une augmentation des bénéfices autour de 4%/4,5% (contre une moyenne de 7,5% sur dix ans), nous pourrions nous retrouver théoriquement avec une performance des actions des pays émergents située entre 25% et 34% » développe Patrice Lemonnier.
Un scénario d’autant plus plausible que les entreprises émergentes s’inscrivent dans une position confortable vis-à-vis de leur pouvoir de fixation des prix dans la mesure où une diminution substantielle des capex ces dernières années a eu pour conséquence une contraction de l’offre disponible.
En outre, le rapport dette nette sur ebitda, qui mesure en quelque sorte la dette au regard du cash flow généré par les opérations, s’établit à 1,1, contre 1,3 pour les pays développés. « Les entreprises émergentes ne sont donc pas excessivement endettées » relève Patrice Lemonnier.

Un retour encore timide

Après avoir délaissé les actions des pays émergents entre 2013 et 2016, les investisseurs ont fait le choix de se repositionner sur la classe d’actifs au second semestre de l’année dernière. Le retour a cependant été timide, notamment au regard de l’appétit montré pour les obligations émises par ces mêmes pays. « Il y a donc un argument technique qui milite pour la poursuite d’une réallocation en 2017, sur fond d’une valorisation attractive, autour de 12 » soutient Patrice Lemonnier.

Allocation géographique et sectorielle

En termes de pays, une préférence est avancée à l’égard de la Chine, de l’Inde, de la Russie, et du Brésil. « Nous sommes d’avis que le risque d’implosion en Chine est limité sur le moyen terme pour tout un tas de raisons : l’existence d’une balance courante positive, l’imposition d’un contrôle des capitaux efficace, la mainmise par l’Etat sur le secteur bancaire et les grandes entreprises publiques, l’accumulation d’une épargne abondante, l’absence de dette extérieure, la participation ténue des investisseurs étrangers à la dette locale » éclaire le responsable de la gestion actions des pays émergents chez Amundi.

Une persistance de l’amélioration structurelle est escomptée en Inde. « Les réformes envisagées par les autorités au pouvoir devraient être effectivement implémentées. De ce fait, la cherté du marché boursier indien est justifiée par le potentiel de croissance bénéficiaire plus élevé que présentent les entreprises indiennes ».

Au-delà du call matières premières, les actions russes sont plébiscitées du fait de l’ajustement macroéconomique violent auquel a dû se livrer le pays suite aux sanctions infligées en écho au conflit avec l’Ukraine.

Enfin, le positionnement sur les actions brésiliennes est nourri par l’espoir de voir le nouveau gouvernement en place adopter les mesures appropriées pour stimuler la consommation, notamment en matière de retraite. « Celles-ci devraient permettre à la Banque centrale de maintenir une politique de baisse des taux dans un contexte où l’inflation a reculer pour atteindre l’objectif ciblé » précise Patrice Lemonnier.

Du point de vue sectoriel, sont particulièrement recherchées les valeurs bancaires, les valeurs technologiques et les valeurs de consommation discrétionnaire.