Le projet de budget dévoilé jeudi 16 mars par la Maison Blanche prévoit une baisse drastique des ressources allouées à la diplomatie et au climat pour compenser une hausse spectaculaire de dépenses de défense. Alors que ces dernières représentent déjà 3,3% du PIB américain, le ratio le plus élevé au monde, l'administration Trump prévoit les augmenter de 10% à plus de 650 milliards de dollars lors du prochain exercice budgétaire (octobre 2017-octobre 2018).

"En ces temps dangereux, ce budget de sécurité nationale est un message au monde, un message sur le force et la détermination de l'Amérique", affirme Donald Trump en introduction de ce document d'un peu plus de 50 pages. Il y mentionne aussi les premières dépenses pour la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique destiné à freiner l'afflux de clandestins, l'une de ses promesses phares de campagne. Une somme de 2,6 milliards de dollars est prévue pour le budget 2018 mais le coût final pourrait être beaucoup plus élevé, jusqu'à 40 milliards selon certaines estimations.

La hausse des dépenses de défense l'année prochaine s'accompagnera d'une baisse marquée des ressources de la plupart des autres ministères et agences fédérales. Donald Trump entend en effet maintenir le déficit budgétaire à un niveau constant. Il prévoit ainsi une baisse de 28% des ressources du département d'Etat (affaires étrangères) portant notamment sur les crédits de l'aide au développement (USAID). Les contributions des Etats-Unis à l'ONU ainsi qu'à la Banque Mondiale seront réduites de plusieurs centaines de millions de dollars et la nouvelle administration ne financera "pas plus de 25% des coûts des opérations de maintien de la paix", selon le document. Du côté des dépenses domestiques, le budget des centres nationaux de santé (National Institutes of Health, NIH), la plus grosse institution gouvernementale en charge de la recherche médicale, subirait une baisse de 5,8 milliards de dollars. L'Agence de protection de l'environnement (EPA), qui a notamment mis au jour le scandale des moteurs diesel Volkswagen, verrait ses moyens d'action amputés de 2,6 milliards (-31%). Quant au Fonds national pour les arts (National Endowment for the Arts), il serait purement et simplement supprimé.

Ce budget n'a que très peu de chance d'être adopté en l'état. Mais c'est bien sur cette proposition extrême que le Congrès va devoir débattre ces prochains mois. Plusieurs poids lourds républicains ont déjà pris leurs distances avec les mesures annoncées. "L'aide étrangère n'est pas de la charité", a ainsi souligné le sénateur Marco Rubio, estimant qu'elle était cruciale pour la sécurité nationale. L'élu démocrate du Kentucky John Yarmuth a quant à lui dénoncé un budget bâti sur "des coupes drastiques dans nombre de programmes qui protègent les Américains, que ce soit sur l'environnement ou la santé". "Avec cette administration, il est difficile de dire ce qui relève du bluff complet et ce qu'il faut véritablement prendre au sérieux", a-t-il déploré. L'histoire de la campagne a montré qu'il ferait mieux de le prendre au sérieux.