L'administration Trump va présenter cette année un plan d'investissements de 1000 milliards de dollars (995 milliards de francs) dans les infrastructures aux Etats-Unis. L'enveloppe sera étalée sur dix ans, selon la secrétaire aux transports Elaine Chao.
«Cette proposition ira au-delà des infrastructures de transport, elle concernera aussi l'énergie, l'eau et potentiellement le haut débit et les hôpitaux pour anciens combattants», a-t-elle déclaré mercredi lors d'une cérémonie dans les locaux de son département.

Il s'agit du calendrier le plus précis jusqu'à présent sur les intentions du nouveau président américain en matière de modernisation des routes, des ponts, des aéroports, des réseaux électriques et des systèmes de distribution d'eau aux États-Unis. Cependant Donald Trump a échoué la semaine dernière à faire adopter une réforme du système de santé mis en place par son prédécesseur Barack Obama, faute de consensus parmi la majorité républicaine. Le vote d'un plan de "grands travaux", même s'il est jugé nécessaire par une large majorité de responsables, pourrait quant à lui se heurter aux réticences des Républicains à aggraver le déficit budgétaire.

Elaine Chao a précisé qu'une partie seulement des 1000 milliards d'investissements serait financée par l'Etat, le reste reposant sur des partenariats public-privé. Mais on ignore toujours quelle somme l'Etat mettra sur la table. Le budget dévoilé mi-mars par Donald Trump pour l'exercice 2017-2018 ne lève pas le flou, puisqu'il ne mentionne même pas ce plan de modernisation du pays. Au contraire, les crédits du département des Transports devraient baisser de 13% l'année prochaine.

Pour l'heure les analystes restent prudents sur les annonces de Donald Trump et notamment sur sa capacité à mettre en oeuvre son programme de grands travaux dès cette année. "Même si cette politique iconoclaste pour un républicain est maintenue, elle n’aura pas d’effet sur la croissance avant plusieurs années", indiquait Julien Marcilly, économiste en chef de la Coface, dans le journal La Croix du 1er mars.