L'annonce de Mme May a pris tous les observateurs politiques par surprise. La première ministre britannique a annoncé mardi la tenue d'élections législatives anticipées le 8 juin prochain afin, dit-elle, de donner la "stabilité" nécessaire au pays dans la période pré-Brexit. Elle s'apprête donc à dissoudre la Chambre des communes élue en 2015 dont le mandat devait normalement s'achever en 2020. « Je suis arrivée à la conclusion que la seule façon de garantir la sécurité et la stabilité pour les années à venir est de tenir ces élections et de vous demander votre soutien pour les décisions que je dois prendre ». « Nous avons besoin de nouvelles élections et nous en avons besoin maintenant, a déclaré Mme May devant le 10 Downing Street.

Actuellement les Conservateurs disposent d'une majorité de 330 sièges sur un total de 650 à la Chambre des communes. La première ministre espère renforcer cette majorité afin de mettre en oeuvre le "Brexit dur" qu'elle incarne, même si les positions britanniques et européennes pourraient se rapprocher au fil des négociations. Les sondages favorables au parti conservateur - ce dernier est crédité d'une avance inédite depuis 1983 sur l'opposition travailliste - semblent l'avoir encouragée à convoquer des élections rapidement alors qu'elle s'y refusait il y a encore quelques mois. 

Les divisions actuelles au sein de la Chambre « affaiblissent la position du gouvernement dans la négociation avec l’Europe », a justifié Mme May. Le Parlement sera d'ailleurs appelé à se prononcer, d'ici deux ans, sur le résultat des négociations avec l'Union européenne. Autrement dit à acter le divorce. Mais en appelant aujourd'hui les électeurs aux urnes Mme May prend le risque de rouvrir le débat sur le Brexit, moins d'un an après le referendum. Les Libéraux-Démocrates (LibDem) et les Verts saisiront certainement l'occasion en proposant aux électeurs qui regrettent de faire machine arrière. Même si les deux partis 'pro-Remain' ne semblent pas en mesure de l'emporter "ces élections ajoutent une nouvelle couche d'incertitude, et la volatilité risque de grimper dans les prochaines semaines. Les élections sont toujours imprévisibles", a commenté Neil Wilson, analyste chez ETX Capital.

Après avoir reculé dans la matinée, la livre britannique a rebondi ce mardi à son plus haut niveau en deux mois face au dollar. La bourse de Londres a quant à elle clôturé en baisse de 2,2%.