Le Nasdaq, baromètre de la confiance des investisseurs américains, a atteint mardi un nouveau sommet, dépassant pour la première fois de son histoire les 6000 points. L'indice des valeurs technologiques a ainsi grimpé de près de 25% depuis l'élection présidentielle américaine et de 12% depuis le début de l'année en dépit des mesures anti-immigration de Donald Trump et de ses menaces contre certains poids lourds comme Apple.

Le groupe de Tim Cook a engrangé un gain de 25% depuis le 1er janvier, tirant à lui seul l'ensemble de l'indice. Les autres "GAFA" ne sont pas en reste : Amazon a pris 20%, Facebook 27% et Google 13%. Ces progressions s'expliquent par les bons résultats publiés par les géants californiens dont la croissance impressionne encore.

D'une manière générale, les entreprises du Nasdaq ne semblent pas portées par une "exubérance irrationnelle", comme en 2000, mais par une progression soutenue de leurs bénéfices. D'après les données de Thomson DataStream le ratio cours/bénéfices se situe en moyenne à 28 aujourd'hui contre 69 au plus fort de la bulle internet.

Cependant une partie de la hausse est à mettre sur le compte des promesses de campagne de Donald Trump en matière de fiscalité. Or celles-ci tardent à se concrétiser. Le président américain doit dévoiler ce mercredi une réforme qu'il a lui-même annoncée comme "historique". Le taux de l'impôt sur les sociétés, actuellement de 35%, pourrait être abaissé à 15%, et le nombre de tranches d'imposition pour les particuliers passer de sept à trois. Mais cette réforme devra passer par les fourches caudines du Congrès, où le bras de fer budgétaire entre Démocrates et Républicains est engagé. Les chefs républicains ont déjà admis que le calendrier initialement voulu pour l'adoption de cette réforme, avant le mois d'août, était intenable. D'ici là des blocages et même un "shutdown" (fermeture) de l'administration, faute d'un vote sur les crédits, pourraient avoir raison de l'optimisme des milieux d'affaires.