C'est le moment d'emprunter pour les entreprises françaises! Depuis une dizaine de jours les investisseurs et émetteurs sur ruent sur le marché obligataire, soulagés par le résultat de l'élection présidentielle française et visiblement confiants quant aux perspectives macroéconomiques en France et dans la zone euro.

Sur la seule journée du 16 mai, quelque 28 milliards d'euros ont été levés sur le marché de la dette européen, un record depuis mai 2016, soulignent Les Echos. L'Etat français a notamment placé un emprunt de 7 milliards d'euros à 30 ans qui a rencontré une très forte demande (30 milliards au total). Les entreprises ne sont pas en reste : LVMH, Seb, Rallye (groupe Casino) ont ou vont faire appel aux investisseurs. Et ces derniers répondent présents, même pour de gros montants : LVMH a ainsi levé 4,5 milliards d'euros en quatre tranches destinées à financer le rachat de Christian Dior Couture, annoncé il y a quelques semaines. Une aubaine également pour les groupes américains : pour son premier emprunt en euros depuis quatre ans, IBM a obtenu 2 milliards mardi.

Le dynamisme du marché de la dette européen devrait perdurer au cours des prochains mois, estiment les analystes de BFT IM dans une note publiée ce mercredi. « Tous les secteurs économiques contribuent à soutenir la croissance en zone euro. Le taux d’utilisation des capacités de production est en hausse et les entreprises européennes vont devoir combler leur retard d’investissement", expliquent-ils. Elles devraient continuer à bénéficier de taux bas, la BCE n'ayant pas prévu de durcir sa politique monétaire au cours des prochains mois. Les obligations d'entreprises offrent néanmoins un meilleur rendement aux investisseurs que les obligations souveraines de la zone euro, et sont donc plus attractives.

Faut-il s'inquiéter de cette fièvre acheteuse sur le marché de la dette européen? Les analystes de BFT IM ne voient pas aujourd'hui de risque de dérapage. "La situation financière des entreprises européennes n’a cessé de s’améliorer au cours des trimestres précédents : profits en hausse, endettement maîtrisé. Ainsi, le ratio dette nette/Ebitda s’est stabilisé autour de 2,4 (2,8 en 2009). La croissance moyenne des bénéfices des sociétés de l’indice STOXX Europe 600 a atteint (estimation provisoire) 12,8% en 2016 et devrait encore s’afficher à +9,8% cette année", soulignent-ils. De quoi tirer également vers le haut les indices boursiers.