Le limogeage la semaine dernière du patron du FBI pourrait se retourner contre Donald Trump. D'après le New York Times, le président américain a tenté de faire pression sur James Comey, mi-février, afin qu'il abandonne l'enquête sur son ex conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. Ce dernier a été contraint de démissionner quelques jours après son entrée en fonctions en raison des révélations sur ses contacts avec l'ambassadeur russe à Washington concernant les sanctions américaines contre la Russie.

« C'est quelqu'un de bien. J'espère que vous pourrez laisser tomber », aurait affirmé Donald Trump à James Comey au lendemain de cette démission. C'est en tout cas ce que le directeur du FBI aurait consigné par écrit, dans une note à laquelle le New York Times n'a pas eu accès mais dont le contenu lui aurait été "lu" par deux agents du FBI. La Maison-Blanche a catégoriquement démenti cette affirmation, précisant que le président n'avait « jamais demandé à M. Comey ou qui que ce soit d'autre de clore aucune enquête ». Mais la pression monte au Congrès pour que M. Comey vienne apporter sa version des faits. S'il confirmait le contenu de la note, les propos prêtés à Donald Trump pourraient constituer une obstruction à la justice, "une des plus graves accusations qu'on puisse porter contre un dirigeant », a réagi le sénateur démocrate Dick Durbin.

Ces allégations ont achevé d'effacer les gains enregistrés par le billet vert depuis l'élection du nouveau président américain. Le dollar est ainsi tombé mardi à son plus bas niveau depuis début novembre face à l'euro, à 1,1122 dollar pour un euro. Il se reprend très légèrement ce mercredi à 1,1087 pour un euro.

"La chute du dollar montre que les marchés des changes ont abandonné toutes leurs attentes concernant Trump", a souligné Daisuke Karakama, économiste de la Mizuho Bank. "Ces inquiétudes et de mauvaises statistiques amènent naturellement les investisseurs à vouloir vendre leurs dollars", a-t-il ajouté. "Les investisseurs sont très inquiets de voir tout ce bruit politique se transformer en risque économique", a abondé Stephen Innes, courtier chez OANDA, dans une note.

De son côté la devise européenne profite de la baisse des risques politiques dans la zone euro et des attentes d'une politique de la Banque centrale européenne (BCE) à terme moins accommodante.