Après avoir touché leur plus bas niveau de l'année début mai (45 dollars le baril de 'light sweet crude'), les cours du pétrole ont nettement rebondi depuis deux semaines et cette hausse semble même s'accélérer lundi. A l'ouverture des marchés américains le baril de WTI prenait près de 2% à 51,29 dollars tandis que le Brent de la Mer du Nord s'appréciait de 0,8% à 54,23 dollars.

Le moteur principal de ce rebond réside dans la prolongation attendue d'un accord de limitation de la production conclu fin 2016 par les pays membres de l'Opep et la Russie. La question sera abordée jeudi lors d'une réunion de l'Opep. D'après plusieurs responsables, l'Arabie saoudite et la Russie, soit les deux premiers producteurs de pétrole dans le monde, sont convenus de la nécessité de prolonger cet accord de neuf mois, jusqu'en mars 2018. Une telle prolongation, conjuguée à la participation d'un ou deux petits producteurs supplémentaires, devrait suffire à ramener les stocks mondiaux de pétrole à leur moyenne sur cinq ans, a estimé dimanche le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih.

Selon des sources citées par Reuters, trois pays extérieurs à l'Opep auraient accepté de participer à la réunion de jeudi: le Turkménistan, l'Egypte et la Côte d'Ivoire. "Bien qu'il soit désormais largement attendu que l'Opep et ses partenaires décident, lors de leurs réunions du 25 mai, de reconduire l'accord pour neuf mois, il reste à savoir comment le pétrole de schiste américain réagira", a commenté Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

Donald Trump tourne le dos à l'Iran

En effet, l'accord de limitation de la production n'a pas suffi à contracter les stocks ni à redresser durablement les cours du pétrole en raison notamment de la hausse de production de pays ne participant pas à cet effort, en particulier les Etats-Unis. La politique de Donald Trump en la matière va à l'encontre d'une limitation: elle est au contraire d'encourager la production de gaz et de pétrole de schiste sur le territoire américain afin de réduire la dépendance du pays au pétrole saoudien et d'autres de ses alliés.

Au premier jour de sa tournée au Moyen-Orient, dimanche à Ryad, le président américain a par ailleurs appelé les représentants d’une cinquantaine de nations musulmanes à « isoler » l’Iran. « Du Liban à l’Irak en passant par le Yémen, l’Iran finance, arme et entraîne des terroristes, des milices et d’autres groupes terroristes qui répandent la destruction et le chaos à travers la région », a-t-il dit. L’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, deux puissances régionales, s’opposent sur tous les conflits régionaux, notamment sur la Syrie ou le Yémen. Le président iranien Hassan Rohani, un modéré qui a opéré une ouverture envers les Occidentaux et engagé des réformes, a été réélu vendredi dès le 1er tour de l'élection présidentielle avec 57% des voix.