C'est une chimère de plus en plus cruelle pour les Grecs: l'allègement de la dette de 320 milliards d'euros, bien que jugé incontournable par tous les économistes y compris ceux du FMI, n'est pas pour tout de suite. La question a été abordée lundi lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro mais aucun accord n'a été trouvé. Pire, même si une annonce en ce sens était faite lors de la prochaine réunion le 15 juin, "la décision concrète et définitive sur l’allègement de la dette viendra à la fin du programme d’aide en 2018”, a prévenu le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Une douche froide pour le gouvernement d'Alexis Tsipras qui espérait bénéficier dès cette année du programme de rachat de dettes de la Banque centrale européenne (QE) et pouvoir ainsi à nouveau emprunter sur le marché obligataire. "Notre pays, en adoptant de nouvelles mesures au Parlement grec a totalement rempli ses obligations et à temps", avait souligné dimanche le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos. "Il n'y a plus d'excuses pour tergiverser encore sur la question de l'allègement de la dette", avait-il ajouté. De son côté Emmanuel Macron avait appelé Alexis Tsipras pour lui affirmer sa volonté de "trouver un accord prochainement pour alléger dans la durée le poids de la dette grecque". Par allègement, les créanciers entendent un allongement des durées de remboursement et une baisse des taux d'intéret. 

Mais c'est compter sans le contexte électoral outre-Rhin, où la campagne pour les élections fédérales de septembre bat son plein. Si elle veut être réélue pour un quatrième mandat, Angela Merkel sait qu'elle doit se montrer inflexible sur la question grecque et défendre encore une fois la discipline budgétaire de son pays. Il sera très difficile d'obtenir avant ces échéances un engagement de l'Allemagne sur le sujet. Le Fonds monétaire international (FMI), qui plaide depuis de longs mois pour un allègement, semble d'ailleurs l'avoir compris. "Nous pensons toujours qu'il faut davantage de réalisme et qu'il faut donner plus de détails" sur la restructuration de la dette, a indiqué mardi le chef du département Europe du FMI Poul Thomsen. Cependant le Fonds accepte le fait que cet allègement "ne soit pas calibré à la virgule près" et qu'il intervienne seulement après la fin du plan d'aide, c'est-à-dire après la mi-2018, a-t-il ajouté. Un nouveau plan d'aide qui, dans ces conditions, risque de ne pas être le dernier.