Le risque politique pourrait ressurgir plus tôt que prévu en Europe. La tenue d'élections anticipées en Italie dès le mois de septembre agite lundi les marchés financiers, notamment la bourse de Milan qui chute de près de 2%. Les valeurs bancaires sont les plus chahutées, l'indice sectoriel perdant près de 3%, sa plus forte baisse en une journée depuis près de quatre mois.

L'organisation de nouvelles élections n'était pourtant pas prévue avant le mois de mai 2018 après l'échec du referendum de Matteo Renzi sur la révision constitutionnelle du 4 décembre dernier. Matteo Renzi, qui a repris fin avril la direction du Parti démocrate (PD, centre gauche), a cependant suggéré d'avancer ces élections afin qu'elles se tiennent en même temps que les élections allemandes, fin septembre. "Que l'on s'en réjouisse ou non, les élections en Allemagne sont toujours un moment décisif de la politique européenne. Voter en même temps que Berlin aurait du sens (...) d'un point de vue européen et cela permettrait au nouveau Parlement de commencer à travailler sur la politique économique des cinq prochaines années sans perdre un seul jour", a déclaré l'ex président du Conseil dans un entretien au journal Il Messagerio publié dimanche. Une proposition qui rejoint, à peu de choses près, celle du leader du Mouvement 5 Etoiles, Beppe Grillo. Ce dernier appelle à la tenue d'un scrutin dès le 10 septembre.

Matteo Renzi semble par ailleurs s'être rangé derrière la proposition de Silvio Berlusconi de mettre en place, pour ces élections, un nouveau mode de scrutin calqué sur le système proportionnel à l'allemande. Cette réforme de la loi électorale, qui empoisonne depuis dix ans la vie politique italienne, est une condition préalable à la tenue de nouvelles élections. Si les formations politiques parviennent dans les prochaines semaines à un accord sur ce point, rien ne s'oppose à la tenue d'élections à l'automne, fait-on savoir dans l'entourage du président italien Sergio Mattarella qui seul a le pouvoir de dissoudre l'Assemblée.

Cette perspective est loin de réjouir les marchés dans la mesure où la campagne verra s'opposer, comme en France ou en Allemagne, les partis pro et anti-euro. Le Mouvement 5 Etoiles, qui a remporté en 2016 les mairies de Rome et Turin et qui compte sur les prochaines élections pour s'imposer au niveau national, appelle à un referendum sur la sortie de l'euro. Et ce, dans un contexte de crise bancaire larvée qui constitue à elle seule une menace pour le reste de la zone euro.